webleads-tracker


VW: -2,6% en volumes, +3,1% en CA au T1

Constructeurs

Le géant automobile allemand Volkswagen a affiché jeudi un résultat du premier trimestre solide malgré le ralentissement du marché automobile mondial, faisant grimper son cours de Bourse de près de 4%.

Voir toutes les infos concernant l'affaire VW

Le résultat net (-7,5% sur un an à 3,1 milliards d'euros) et le bénéfice opérationnel (-7% à 3,9 milliards) ont reculé en raison de charges exceptionnelles d'un milliard d'euros pour des "risques juridiques" liés au "dieselgate", le scandale des moteurs truqués.

Mais, hors cet effet, le bénéfice opérationnel ajusté a grimpé de 14% à la faveur d'une progression du chiffre d'affaires (+3,1% à 60,0 milliards d'euros) malgré un recul de 2,8% du nombre de véhicules vendus entre janvier et mars.

Les ventes en Chine ont notamment reculé de 6,4% sur un an, tandis qu'elles sont restées stables en Europe. En 2019, le marché mondial devrait au mieux stagner sur un an, selon les analystes.

Volkswagen attribue la progression de ses activités à des ventes plus rentables, notamment de sa marque principale VW, à sa branche de services mais aussi à une réévaluation de certains instruments financiers.

La marge opérationnelle ajustée du groupe, très observée par les marchés, a grimpé de 0,9 point, à 8,1%, contre encore 7,3% sur l'ensemble de l'année 2018.

"Volkswagen a bien démarré l'année dans un environnement difficile", s'est félicité le directeur financier, Frank Witter.

A la Bourse de Francfort, les chiffres ont a été bien accueillis: à la cloture, le titre du constructeur progressait de 3,68% à 160,74 euros.

 

Objectifs confirmés

M. Witter a refusé "dans l'intérêt du groupe et de ses propriétaires" de détailler la nature des charges d'un milliard d'euros, évoquant des "procédures en cours".

"Le milliard est composé de frais d'avocats, d'accords à l'amiable et généralement des sujets juridiques encore ouverts", a-t-il simplement expliqué.

Au total, depuis qu'il a éclaté en 2015, le "dieselgate" a coûté quelque 30 milliards d'euros. Sur l'année 2018, le groupe a déboursé 3,2 milliards d'euros, dont 1,8 milliard pour des amendes en Allemagne.

Au niveau des marques, VW a vu son bénéfice opérationnel ajusté augmenter de 4,8% à 921 millions d'euros. Ce chiffre n'inclut pas 400 millions d'euros de charges inscrites au bilan de la marque phare sur le milliard comptabilisé pour le groupe.

Audi reste plombé par les effets du passage aux normes anti-pollution WLTP, qui ont ralenti la production au cours des derniers mois de l'année passée: le bénéfice opérationnel de la marque haut de gamme a reculé de 0,2 milliard d'euros, à 1,1 milliard.

Pour Porsche, le bénéfice opérationnel a reculé de 11,6% à 829 millions d'euros en raison du ralentissement des ventes.

La branche des services financiers a vu son bénéfice grimper de 4,9%, à 638 millions d'euros.

Pour 2019, Volkswagen a maintenu ses objectifs d'un niveau des ventes "légèrement supérieur" à l'année passée et d'une croissance de "jusqu'à 5%" du chiffre d'affaires. La marge devrait s'établir entre 6,5% et 7,5%.

"Les risques conjoncturels nous mettent face à de grands défis", a commenté M. Witter, ajoutant que le groupe devait "accélérer la transformation."

Volkswagen prévoit entre 3.000 et 5.000 suppressions nettes d'emplois dans le cadre d'un vaste programme d'économies visant à financer la transition vers la mobilité électrique.

ys/cfe/evs

© 2019AFP