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Sapin (PS) "choqué" par la fuite de Ghosn

Constructeurs

L'ancien ministre socialiste des Finances Michel Sapin s'est dit jeudi "choqué" par la volonté de l'ex-PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn de "s'expliquer en échappant à la justice", soulignant que "c'est parce qu'il est extrêmement riche" qu'il a pu fuir.

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"Il a le droit de se défendre, (...) de se considérer comme innocent (...), mais ce qui me choque, c'est de vouloir s'expliquer en échappant à la justice, alors que seule la justice, quelle qu'elle soit, dans un pays démocratique - le Japon, malgré tout, est un pays démocratique - est en capacité de dire ce qui est vrai ou pas vrai", a estimé M. Sapin sur France 2.

Tout aussi "choquant" selon l'ancien ministre, le fait que "c'est parce qu'il est extrêmement riche qu'il échappe à la justice" et "qu'il peut laisser des millions au Japon comme caution et payer une évasion".

Depuis Beyrouth, l'ancien PDG a dénoncé mercredi un "coup monté" contre lui, lors de sa première apparition publique depuis sa fuite rocambolesque du Japon, où il est accusé de malversations financières.

M. Sapin, qui était en 2015 ministre des Finances aux côtés du ministre de l'Economie Emmanuel Macron, a par ailleurs reconnu que la hausse de la participation de l'Etat français dans Renault pour s'assurer l'octroi de droits de vote double, en tant qu'actionnaire de long terme, tout en refusant d'accorder des droits de vote à Nissan, avait "certainement créé un certain nombre d'incompréhensions avec le Japon, qui était représenté très très peu".

Mais c'est "l'arbitrage qui a été fait, c'est celui que j'ai appliqué", a-t-il assumé.

La montée de l'Etat français au capital de Renault avait suscité la colère de Nissan qui détient 15% de Renault mais aucun droit de vote.

Renault contrôle 43% de Nissan qui possède par ailleurs 34% de son compatriote Mitsubishi, mais l'ensemble a toujours été présenté comme une alliance entre égaux.

Selon Carlos Ghosn, "cela a laissé une grande amertume au sein du management de Nissan et du gouvernement japonais (...) C'est là que les problèmes ont commencé".

ggy/shu

© 2020AFP