Près des trois quarts d'une centaine d'entreprises automobiles interrogées par la VDA en janvier ont annulé, reporté ou délocalisé à l'étranger des investissements prévus en Allemagne, a déploré la présidente de la fédération, Hildegard Müller, lors d'une conférence de presse.
En face, "on observe trop souvent à Bruxelles un dangereux mélange de déni de réalité" et de "sentiment de pertinence", a martelé Mme Müller.
L'exécutif européen reste "figé dans la description de défis complexes, sans réellement passer à la résolution des problèmes", a-t-elle regretté.
Que ce soit lors des négociations douanières ou face à la compétition avec la Chine, le modèle européen qui consiste à "réguler la transformation de manière planifiée n'est pas un modèle de réussite", a-t-elle fustigé.
Cela constitue "une invitation à nos concurrents et rivaux à occuper les brèches qu'ouvre l'Europe par son manque d'attractivité comme site d'implantation", selon la lobbyiste.
L'industrie automobile européenne était déjà en crise avant les droits de douane américains, confrontée à une demande faible et à une forte concurrence chinoise.
Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW ont subi des baisses de ventes en Chine, tandis que Stellantis a annoncé une dépréciation de 22 milliards d'euros sur son activité véhicules électriques.
Mme Müller a également critiqué le "paquet automobile" de la Commission européenne présenté en décembre.
Bruxelles a renoncé à imposer aux constructeurs de véhicules de passer au tout-électrique à partir de 2035, qui était une mesure environnementale phare. Mais cela n'est qu'un " verbiage" sur la déréglementation, qui ne cesse par ailleurs d'enfler, selon Mme Müller.
"En 2025, l'Union européenne a introduit plus de législation qu'à aucun moment au cours des 15 dernières années, soit quatre lois par jour".
"Nous ne pouvons pas suivre leur mise en oeuvre", a-t-elle accusé.
Quant à l'initiative "Made in Europe", soutenue par Stéphane Séjourné, le vice-président de la Commission chargé de ce dossier, Mme Müller a jugé que ces projets risquaient d'accroître la bureaucratie pour l'automobile et de pénaliser ses ventes à l'export.
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