webleads-tracker



Le pneumologue de Total fait appel

Pétroliers

Le pneumologue Michel Aubier a fait appel de sa condamnation début juillet à six mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour avoir menti en 2015 à des sénateurs sur ses liens avec le groupe Total, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat.

"M. Aubier a interjeté appel du jugement du tribunal correctionnel", a déclaré à l'AFP son avocat, Me François Saint-Pierre, qui "conteste l'analyse juridique du tribunal" et juge "la sanction prononcée disproportionnée".

La condamnation, à une peine plus lourde que celle demandée par le parquet qui n'avait requis qu'une amende de 30.000 euros, avait été saluée par les défenseurs de l'environnement comme un "avertissement" pour les lobbies: c'est la première fois en France que la justice condamnait une personne pour "faux témoignage" devant des parlementaires, en l'espèce pour avoir menti sous serment à une commission du Sénat qui enquêtait sur la pollution de l'air.

"Une peine que le tribunal estime proportionnée à la gravité des faits: un mensonge devant la représentation nationale", avait déclaré la présidente Evelyne Sire-Marin en rendant sa décision, ajoutant que l'amende équivalait à "deux mois et demi de revenu actuel de M. Aubier", ce qui semblait "raisonnable au regard des pratiques" des tribunaux.

Le délit de "faux témoignage", passible de jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, porte d'ordinaire sur des déclarations dans une enceinte judiciaire.

Le tribunal correctionnel de Paris avait en outre condamné Michel Aubier à verser un euro de dommages et intérêts à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), ancien employeur du médecin à la retraite.

Lors du procès, le pneumologue avait protesté de sa "bonne foi", et reconnu qu'il avait fait une "erreur".

Ancien chef de service à l'hôpital Bichat à Paris et régulièrement invité à l'époque sur les plateaux télé, il avait été entendu le 16 avril 2015 par une commission d'enquête sénatoriale sur le "coût économique et financier de la pollution de l'air".

Il avait prêté serment en promettant de dire "toute la vérité" et déclaré n'avoir "aucun lien d'intérêt avec les acteurs économiques". Sauf que depuis 1997, il était employé comme médecin-conseil d'abord par Elf Aquitaine puis par le groupe Total.

L'enquête a révélé que de 2012 à 2015, il a touché près de 100.000 euros par an de la part du géant pétrolier, près de la moitié de ses revenus annuels.

sb/sva/pre

© 2017AFP