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Ford: CA stable et plongeon du bénéfice au T2

Constructeurs

Le constructeur automobile Ford a déçu les marchés mercredi en annonçant un plongeon de son profit au deuxième trimestre, en raison d'une lourde charge liée à sa vaste restructuration en cours en Europe et en Amérique du Sud.

La marque à l'ovale bleu, qui cherche à rattraper son retard dans les voitures autonomes et électriques, eldorado de l'automobile, a également fait part de prévisions financières jugées décevantes pour 2019.

L'action était lourdement pénalisée: elle perdait plus de 7% dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance.

Ford a enregistré un bénéfice net à 148 millions de dollars au deuxième trimestre achevé fin juin, contre un profit de 1,06 milliard à la même période un an plus tôt.

La fonte des profits est due à une lourde charge de 1,2 milliard liée à sa cure d'austérité en cours en Europe et en Amérique du Sud.

Ford a officialisé en juin la suppression de 12.000 emplois en Europe et la fermeture de six usines d'ici fin 2020.

Il avait quelques mois plus tôt fait état de sa décision d'abandonner son activité de poids lourds en Amérique du Sud, avec pour conséquence l'arrêt dès cette année de la production d'une usine au Brésil.

Cette restructuration qui comprend également l'arrêt de la production de citadines et berlines aux Etats-Unis va coûter près de 11 milliards de dollars au groupe, a-t-il déjà prévenu.

 

L'Europe relève la tête

Le groupe a également pâti au deuxième trimestre d'un investissement dans Pivotal Software, un éditeur de logiciels.

Même en retirant tous ces éléments exceptionnels, l'entreprise dirigée par Jim Hackett a néanmoins gagné moins d'argent qu'anticipé, dégageant un bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du Nord, de 28 cents contre 31 cents attendus en moyenne.

Le bénéfice opérationnel est toutefois de 1,7 milliard de dollars, principalement grâce aux ventes de grosses voitures -- pickups et SUV -- en Amérique du Nord.

Le chiffre d'affaires trimestriel a, lui, diminué de 0,2% à 38,85 milliards de dollars.

Le constructeur automobile a préféré retenir les points positifs: il fait remarquer que Ford Europe a dégagé un bénéfice opérationnel de 53 millions de dollars au deuxième trimestre, ce qui est son meilleur résultat en deux ans, grâce aux bonnes ventes de la gamme de véhicules commerciaux Transit.

En Chine, Ford a réduit nettement ses pertes, n'accusant qu'un déficit de 155 millions de dollars, du fait du lancement de nouveaux modèles, et de bonnes ventes de sa marque haut de gamme Lincoln.

Ce léger mieux en Europe et en Chine devrait se poursuivre car Ford a en projet de lancer dans ces régions de nouveaux modèles d'ici la fin de l'année. Une nouvelle version de la Focus est attendue notamment en Europe.

Aux Etats-Unis, les concessionnaires Ford devraient voir arriver d'ici la fin de l'année le nouveau SUV Escape, tandis que la nouvelle Explorer devrait dominer les ventes dès le trimestre en cours.

Ces lancements devraient donner un coup de fouet au bénéfice opérationnel, attendu à 7,5 milliards de dollars pour 2019, en hausse de 500 millions comparé à 2018.

"A mi-chemin de cette année (...) nous sommes fiers des progrès que nous avons déjà accomplis pour créer une entreprise plus dynamique et rentable", a déclaré M. Hackett, se voulant rassurant. "Ford a des opportunités incroyables pour surprendre les clients, innover et travailler à de nouvelles façons de créer de la valeur".

Ford a étendu récemment son alliance stratégique avec Volkswagen au développement des voitures autonomes et électriques.

Il va notamment utiliser la plateforme MEB, commune à toutes les nouvelles voitures électriques de Volkswagen, pour construire ses propres modèles.

En attendant, le constructeur américain ne vise qu'un bénéfice par action ajusté compris entre 1,20 et 1,35 dollar pour 2019.

Cette nouvelle prévision est inférieure au 1,39 dollar par action anticipé par les analystes financiers.

Ford attribue son pessimisme à une ardoise fiscale qui devrait être plus importante qu'il ne pensait au départ, un renchérissement des cours des matériaux de base utilisés dans la production de ses voitures, la guerre commerciale et les taux de change défavorables.

lo/la

© 2019AFP