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Accord majoritaire chez Michelin sur les conditions de départ

Equipementiers

Quatre syndicats de Michelin ont signé mardi un accord majoritaire qui définit les conditions de départ dans le cadre du plan de compétitivité prévoyant 2.300 suppressions de postes d'ici trois ans, a-t-on appris auprès des syndicats et de la direction.

La CFE-CGC, premier syndicat du groupe, ainsi que la CFDT (2e), Sud et FO ont signé cet accord-cadre baptisé ADAPT (Accompagnement des activités et des parcours dans la transformation) pour la période 2021-2023. Les trois premiers syndicats représentent 79% des salariés, FO n'est pas représentatif.

Pour les salariés qui souhaitent quitter l'entreprise, l'accord comporte un dispositif de pré-retraite, un congé de mobilité de 12 à 15 mois ainsi qu'un accompagnement financier représentant 1,8 à 2,5 années de salaire en fonction de l'ancienneté, a précisé la direction.

L'accord fixe également un montant minimum d'indemnités de rupture de 60.000 euros.

Pour les autres salariés, les syndicats ont indiqué avoir obtenu des avancées salariales, l'acquisition d'un 13e mois à l'embauche (au lieu de quatre ans) ainsi qu'une prime d'ancienneté allongée à 18 ans (contre quinze).

"La signature de cet accord constitue une avancée déterminante pour le plan de simplification et de compétitivité, qui porte l'ambition d'améliorer à la fois la performance économique, environnementale et sociale de Michelin en France", a réagi Jean-Paul Chiocchetti, directeur France de Michelin.

"Nous sommes satisfaits de l'issue des négociations même si nous ne sautons pas de joie dans ce contexte de suppressions d'emplois. Mais l'entreprise a pris en compte beaucoup de choses qui n'étaient pas prévues au départ", a déclaré à l'AFP José Tarantini, délégué syndical central de la CFE-CGC.

"Nous avons réussi à inclure des dispositions pour ceux qui restent, en termes de positionnement salarial, de conditions de travail, et de bénéfices avec l'évolution de la participation de Michelin au CESU et au PEE (plan d'épargne entreprise)", s'est-il félicité.

"Pour ceux qui vont partir, nous avons obtenu des conditions financières et d'accompagnement très intéressantes", a indiqué Laurent Bador (CFDT), disant "rester vigilant sur ce qui est écrit et la réalité".

"Nous avons l'assurance qu'il n'y aura pas de fermeture d'usines d'ici 2023 mais après ?", s'est-il interrogé.

Sud rappelle de son côté l'engagement de la direction à n'effectuer "aucun licenciement économique jusqu'à fin 2023".

"L'amélioration de la performance d'une entreprise repose sur des investissements massifs et non sur la rationalisation drastique des effectifs", rappelle le syndicat.

La CGT, troisième syndicat, avait annoncé fin mars qu'elle ne signerait pas, redoutant que des salariés partent "contraints et forcés".

Michelin emploie 123.000 salariés dans le monde, dont 17.000 en France.

cca/mb/caz

© 2021AFP