Si la menace se concrétise, le président français Emmanuel Macron a appelé de son côté l'UE à "activer" son instrument anti-coercition. Cet outil, comparé par certains à un "bazooka", permet en particulier de limiter les importations provenant d'un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements.
"Un accord, c'est un accord", avait rappelé plus tôt mardi Mme von der Leyen, lors d'une conférence de presse à Erevan, en référence à l'accord commercial entre l'UE et l'administration Trump, conclu en juillet et limitant à 15% les droits de douane sur les voitures européennes vendues aux Etats-Unis.
"Nous avons un accord, et l'essence de cet accord, c'est la prospérité, des règles communes et la fiabilité", a-t-elle encore affirmé.
Vendredi Donald Trump a menacé le bloc de nouvelles surtaxes douanières sur les automobiles et camions exportés vers les Etats-Unis, accusant l'UE de ne pas respecter l'accord commercial signé entre les deux rives de l'Atlantique.
Le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic doit rencontrer mardi à Paris le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce, Jamieson Greer, en marge d'une réunion ministérielle du G7 dans la capitale française.
"Depuis le début, nous nous sommes adaptés. Il y a des accords qui ont été signés, doivent être respectés. S'ils étaient remis encore en cause, ils rouvriraient tout et si tel ou tel pays était menacé par des droits de douane, l'Union européenne s'est dotée d'instruments qui devront alors être activés parce que cela correspond à leur vocation", a déclaré M. Macron, depuis Erevan où il se trouve en visite d'Etat.
Ce n'est pas la première fois que la France préconise, en cas de blocage des discussions, de recourir à l'instrument anti-coercition dont l'UE s'est dotée, pour riposter par exemple à un chantage économique, mais qu'elle n'a jusqu'à présent jamais utilisé.
La Commission européenne a dès lundi confirmé sa volonté d'appliquer l'accord signé, rejetant les accusations américaines.
"Nous mettons en place l'accord depuis le départ et restons totalement engagés dans le respect de nos engagements", avait alors déclaré un porte-parole de la Commission, Thomas Regnier.
Le Parlement européen a approuvé, sous condition, l'accord entre les Etats-Unis et l'UE, mais les procédures internes du bloc prévoient que l'accord soit encore négocié avec les Etats membres avant d'être formellement appliqué.
Selon M. Regnier, l'UE a tenu Washington "totalement informé tout au long des procédures" et cherché à "rassurer l'autre rive de l'Atlantique, le travail est en cours. Des progrès sont réalisés".