Le carrossier Durisotti demande son placement en redressement judiciaire

Le carrossier Durisotti, qui emploie 188 salariés dont une grande majorité à Sallaumines (Pas-de-Calais), a demandé mardi son placement en redressement judiciaire en se déclarant en cessation de paiement, et a accusé l'Etat d'être responsable de son naufrage.

Une audience au tribunal de commerce d'Arras est prévue pour l'instant le 11 mai, a précisé à l'AFP GTE Automotive, groupe français propriétaire de Durisotti depuis l'été 2024.

Dans un long document transmis mardi à l'AFP, GTE Automotive blâme les pouvoirs publics, qui n'auraient fourni "aucun accompagnement décisif" pour aider Durisotti à remonter la pente ces dernières années.

Fondée en 1956, cette société est spécialisée dans la conversion de véhicules utilitaires légers pour des secteurs variés (forces de l'ordre, pompiers, transport de personnes ou de marchandises, BTP, biens d'équipement, services postaux).

GTE Automotive dénonce notamment une "asphyxie organisée de la commande publique" à Durisotti ces dernières années, ce qui aurait "étranglé" sa trésorerie, et le refus des pouvoirs publics d'éponger la dette de l'entreprise.

Frédéric Cotton, élu CGT au CSE de Durisotti, estime au contraire que ce sont les propriétaires actuels, "blacklistés par toute la filière automobile", qui "ont appauvri" le carnet de commandes.

Depuis plusieurs mois, l'entreprise, qui compte aussi deux petits sites à Metz et à Agen, a recours au chômage partiel.

Durisotti comptait encore jusqu'à 700 salariés il y a une vingtaine d'années, selon M. Cotton, interrogé lundi par l'AFP.

L'entreprise a appartenu de 2019 à 2024 au groupe britannique Liberty de l'industriel Sanjeev Gupta. Mais celui-ci aurait laissé Durisotti "exsangue", avec "plus de 15 millions d'euros de dettes, aucun investissement productif et un outil industriel dégradé", selon GTE Automotive.

M. Cotton reconnaît que l'entreprise "n'était pas en pleine forme" avant son rachat par GTE Automotive. "On était peut-être au bord du redressement judiciaire, mais on avait encore un carnet de commandes. On aurait eu plus de chances de trouver un repreneur à l'époque".

Toujours d'après M. Cotton, la direction de Durisotti a présenté lundi en comité social et économique (CSE) un projet de restructuration prévoyant une soixantaine de suppressions d'emplois.

Mais "les salariés, plutôt que de rester (avec cette direction, NDLR), préféreraient partir, même avec le minimum légal", assure-t-il.

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