Volkswagen, BMW ou Toyota ont longtemps régné en maîtres dans le pays asiatique. Mais ils perdent du terrain face à leurs rivaux chinois, plus performants sur l'électrique et davantage compétitifs niveau prix.
Des dizaines de constructeurs dévoileront leurs nouveaux modèles durant les 10 jours du salon.
Les compagnies chinoises BYD, Xiaomi et Xpeng, entre autres, sont à la pointe de l'intégration de l'intelligence artificielle (IA) et de la conduite autonome dans leurs véhicules électriques.
Les marques étrangères ont été "trop lentes à localiser (en Chine) leur prise de décision et la conception de leurs produits", affirme Bill Russo, fondateur du cabinet shanghaïen Automobility.
"En Chine, la concurrence ne se joue plus sous le capot ni sur le prestige de la marque, mais sur les logiciels, la réactivité et la capacité à créer un écosystème cohérent", souligne-t-il.
Les ventes de Mercedes-Benz en Chine ont chuté de 19% l'an dernier. Son compatriote BMW y a enregistré sa plus faible performance depuis 2017.
Quant à Volkswagen, longtemps championne des ventes en Chine, elle lutte pour y maintenir sa part de marché, tout en tentant de rester à flot en Europe. Le géant allemand prévoit de supprimer 50.000 emplois d'ici 2030 en Allemagne, après un recul de 44% de son bénéfice net l'an passé.
Âge d'or révolu
"La Chine est désormais le centre de gravité de l'innovation automobile, pas seulement de la production", affirme Bill Russo.
Résultat: des constructeurs étrangers collaborent désormais avec des compagnies chinoises pour suivre le rythme des avancées technologiques.
BMW s'est associé au géant des batteries CATL, Audi utilise les systèmes d'aide à la conduite de Huawei et Volkswagen conçoit des véhicules électriques avec Xpeng.
"L'âge d'or des marques étrangères est révolu", avec des marques chinoises qui "montent en gamme beaucoup plus vite", affirme Ernan Cui, analyste chez Gavekal Dragonomics à Pékin.
Autre difficulté pour les constructeurs étrangers: ils risquent d'être devancés sur d'autres marchés, face à des compagnies chinoises qui renforcent leur présence à l'international pour accroître leur rentabilité.
La Chine a exporté plus de 2,6 millions de véhicules à énergie nouvelle (électriques et hybrides) l'an dernier, plus du double de 2024, selon l'Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM).
Les marques chinoises contrôlent déjà environ un cinquième du marché en Amérique latine et prévoient de porter leur production à l'étranger à 3,4 millions de véhicules d'ici 2030 (contre 1,2 million en 2025), selon le cabinet AlixPartners.
Des acteurs majeurs comme BYD placent de grands espoirs au Moyen-Orient et en Europe, même si les droits de douane américains très élevés les empêchent pour l'heure de s'implanter aux Etats-Unis.
"Trop d'acteurs"
L'Union européenne (UE) a imposé des surtaxes allant jusqu'à 35,3% sur les véhicules électriques importés de Chine, mais elle a accepté en janvier un système de prix plancher pour les constructeurs chinois désirant vendre sur son sol.
Dans l'autre sens, BYD construit une usine en Hongrie pour fabriquer des voitures destinées au marché européen, Leapmotor doit commencer à produire des véhicules électriques en Espagne cette année et Chery a annoncé mardi envisager de produire en Europe une petite voiture électrique.
Mais tout n'est pas rose pour les marques chinoises: une féroce guerre des prix sur le marché intérieur rogne leurs bénéfices.
"Il y a encore trop d'acteurs", note Ernan Cui.
"Les perdants ne quittent pas le marché aussi vite qu'ils le devraient, parce qu'ils bénéficient du soutien d'investisseurs et de collectivités locales qui rechignent à voir leurs investissements réduits à néant", explique-t-elle.
BYD a écoulé 2,26 millions de véhicules électriques l'an passé, mais son bénéfice net a chuté de 19%.
Globalement, les ventes de voitures en Chine ont plongé de 17,4% au premier trimestre 2026, selon la Fédération chinoise des constructeurs de voitures individuelles (CPCA).
Dans ce contexte, les marques chinoises "considèrent de plus en plus les marchés étrangers comme un pilier de croissance stratégique, et non plus simplement comme un débouché pour leurs surcapacités", explique Bill Russo.
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