Dans le cadre du plan France 2030, un premier fonds de 300 millions d'euros va soutenir le développement de nouveaux produits ou procédés "en lien avec le véhicule électrifié (...) ou vers des segments porteurs en dehors de l'automobile", a souligné le ministère dans un communiqué.
Il devra accompagner des projets "structurants", autour d'un million d'euros par entreprise, a précisé Agnès Pannier-Runacher lors de la visite d'une petite usine de découpe de métaux de Pont-Sainte-Maxence (Oise).
Face à la délocalisation de la production, de nombreux équipementiers sont en difficulté ou ont déjà déposé le bilan, notamment dans la filière des fonderies.
L'électrification de l'industrie automobile pourrait par ailleurs provoquer la suppression de 52.000 postes en France, notamment dans les usines qui sous-traitent la forge, la fonderie et l'emboutissage, selon une projection à horizon 2030 de la Plateforme automobile (PFA). La construction prévue de trois usines de batteries dans l'Hexagone pèse peu dans la balance.
Le gouvernement a ainsi multiplié les gestes envers la filière automobile, avec l'objectif affiché par Emmanuel Macron de produire deux millions de voitures électriques et hybrides en France en 2030.
- "Faire rêver" -
Un plan de relance automobile de huit milliards d'euros a notamment été mis en oeuvre en 2020. L'État va également consacrer 500 millions d'euros au déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques. Et un fonds d'accompagnement, cofinancé par les constructeurs, a été mis en place pour les salariés licenciés de la filière.
Agnès Pannier-Runacher a également annoncé jeudi que le dispositif "chocs industriels" serait déclenché avec une enveloppe de 100 millions d'euros supplémentaires. Il "a extrêmement bien marché à Béthune" (Pas-de-Calais), sur le site fermé par Bridgestone, et a été testé sur une dizaine de territoires, a souligné la ministre.
Le dispositif s'appliquera à une trentaine de nouveaux territoires encore à définir, "les plus touchés par les mutations de la filière automobile". Ils seront conseillés sur leur "stratégie de retournement", et les nouveaux projets industriels subventionnés.
La Plateforme automobile (PFA), qui représente les industriels du secteur, va également déployer son dispositif d'accompagnement auprès de 200 nouvelles entreprises de la filière, a annoncé le ministère.
A Pont-Saint-Maxence, l'emboutisseur Votat fait travailler une quarantaine de salariés pour fabriquer des pièces pour les échappements, les moteurs, mais aussi hors de l'automobile pour les distributeurs de savons, le nucléaire, les échelles ou des tables de ping-pong.
Philippe Marillaud, qui a repris l'entreprise il y a deux ans, a investi et peine à recruter deux collaborateurs. "Ce n'est pas un problème de salaires. Le tout, c'est de faire témoigner nos salariés, montrer nos métiers, former en interne".
"Il y a un décalage très fort entre la perception que les gens ont de l'industrie et la réalité", a souligné Agnès Pannier-Runacher, en se basant sur une étude d'opinion menée pour le ministère. "Visiter une usine avec des journalistes, c'est aussi montrer que ce n'est pas Germinal", alors que c'est l'image qu'en ont de nombreux Français, a lancé la ministre lors d'une table ronde avec des chefs d'entreprise de la région.
France Industrie doit lancer une campagne en 2022 pour "essayer de faire rêver sur ces métiers-là".
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