L'allemand Mercedes, le japonais Nissan et l'américain Ford sont eux aussi mis en cause dans cette procédure ouverte en octobre, qui pourrait déboucher à terme sur des milliards de livres d'indemnisations. Tous nient les faits.
Les fabricants sont suspectés d'avoir manipulé des véhicules diesel pour passer les contrôles antipollution, notamment d'oxydes d'azote (NOx), un scandale qui a donné lieu à l'ouverture de procédures civiles et pénales dans le monde entier, notamment en Allemagne, en France, aux Etats-Unis ou en Corée du Sud.
"Ce qu'on doit rechercher, c'est un réglage" des véhicules "n'apparaissant pas pendant le test" antipollution, et si cette modulation "a eu un impact sur les émissions de NOx", résume Thomas De La Mare l'un des avocats des plaignants, lors de l'audience lundi.
Volkswagen, auquel le nom du Dieselgate est souvent associé, a reconnu dès 2015 avoir installé un logiciel pour truquer les niveaux d'émissions de millions de véhicules dans le monde.
"Il y a encore des millions de ces voitures sur nos routes qui émettent des niveaux extrêmement élevés" de pollution, dénonce auprès de l'AFP Jemima Hartshorn, une militante anti-pollution, devant le tribunal.
Ford et Mercedes ont rejeté auprès de l'AFP des "allégations sans fondement". Renault et Stellantis, la maison mère de Peugeot et Citroën, ont maintenu que les véhicules vendus étaient tous "conformes".
Dans ses conclusions écrites transmises à l'AFP, Renault affirme que la procédure repose sur "l'affirmation absurde que, si un constructeur avait pu produire un +meilleur+ moteur (du moins en ce qui concerne les émissions de NOx), alors, inéluctablement, un dispositif interdit devait avoir existé".
Au Royaume-Uni, Volkswagen avait été reconnu coupable en 2020 d'avoir mis en place un "logiciel truqueur". Sans reconnaître sa responsabilité, il avait accepté de payer 193 millions de livres (plus de 220 millions d'euros).
L'issue du procès en cours pourrait faire jurisprudence et s'appliquer à de nombreux autres constructeurs objets de plaintes. En tout, 1,6 million de conducteurs demandent compensation au Royaume-Uni.
La phase de conclusions doit durer environ trois semaines. Si la responsabilité des constructeurs est reconnue, une seconde procédure à l'automne 2026 portera sur les indemnisations.
ode/zap/LyS