Grève USA : une grosse usine de Stellantis touchée

Le syndicat automobile UAW a décidé lundi de mettre à l'arrêt une seconde usine d'envergure, un site de Stellantis dans le Michigan, dans le cadre de la grève qui touche les trois grands constructeurs automobiles américains depuis mi-septembre.

"Lundi matin, 6.800 membres de l'UAW de l'usine d'assemblage de Sterling Heights (SHAP) ont rejoint la grève, arrêtant la production de la plus grande et plus lucrative usine de Stellantis" aux Etats-Unis, a annoncé le syndicat United Auto Workers, dans un communiqué.

Cela porte le total de grévistes depuis bientôt six semaines chez Ford, General Motors et Stellantis à plus de 40.000, sur leurs 146.000 employés encartés à l'UAW. C'est la première fois que les "Big Three", les trois constructeurs historiques américains, sont visés en même temps.

Contacté par l'AFP, Stellantis n'a pas réagi dans l'immédiat.

L'usine SHAP, de plus de 460.000 m2, produit l'un des véhicules les plus vendus du groupe: le pickup Ram 1500.

Selon le site spécialisé Kelley Blue Book, le modèle 2024 de base est vendu à partir de 38.750 dollars mais peut grimper jusqu'à plus de 65.000 dollars suivant les versions

La liste des sites en grève s'est allongée ou non au gré de l'avancée des discussions, affectant des usines secondaires, mais l'UAW avait déjà frappé un grand coup le 11 octobre en mettant à l'arrêt la Kentucky Truck Plant (KTP), plus grande usine de Ford. Elle génère 25 milliards de dollars de chiffre d'affaires par an.

"A la traîne"

Le couperet est tombé cette semaine sur Stellantis (qui réunit les marques Chrysler, Jeep, Ram, Dodge, Peugeot, etc.) du fait des "lacunes" persistantes dans sa dernière proposition au syndicat.

"Bien qu'ayant le chiffre d'affaires le plus élevé, les bénéfices les plus hauts (en Amérique du Nord et dans le monde), les plus importantes marges opérationnelles et le plus de liquidités en réserve, Stellantis reste à la traîne derrière à la fois Ford et General Motors dans son approche des demandes des employés de l'UAW", écrit lundi le syndicat.

Le groupe a présenté la "pire offre" concernant notamment l'évolution salariale, la rémunération des travailleurs temporaires ou encore les mesures d'adaptation au coût de la vie (COLA).

Des responsables de la permanence syndicale de SHAP s'affairaient lundi matin à l'usine pour mettre en place la logistique liée à l'arrêt de travail, en particulier pour l'inscription des employés au fond d'aide du syndicat.

Les grévistes, ainsi que les travailleurs licenciés faute d'activité dans les sites non grévistes, reçoivent en effet 500 dollars par semaine.

Selon Michael Spencer, vice-président de cette antenne syndicale, environ 500 employés vont être mobilisés chaque jour aux entrées du site.

Le mouvement "est destiné à nous aider à obtenir une convention collective juste et équitable", a-t-il expliqué. "Ils vont dans la bonne direction mais ils ne sont pas encore arrivés au bout".

"Il est temps qu'ils soient sérieux autour de la table des négociations", a-t-il fait valoir.

Depuis le début des négociations en juillet, les constructeurs ont revu à la hausse leurs propositions --les qualifiant désormais de "record"--, mais pas suffisamment pour le syndicat.

M. Fain a reconnu vendredi que les offres, comprenant notamment une hausse des salaires de 23% sur les quatre ans de la durée de la convention collective, étaient sans précédent.

Mais "elles interviennent après des décennies de baisses record", a-t-il affirmé.

Kumar Galhotra, un dirigeant de Ford, a affirmé le 12 octobre que le groupe avait "atteint la limite". Il a vanté une offre "incroyablement positive" qui hisserait le personnel de Ford parmi les 25% des meilleurs emplois aux Etats-Unis en termes de salaires horaires et d'avantages.

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