Marelli : grève reconduite dans l'Yonne

La grève décrétée il y a une semaine après l'annonce d'un projet de fermeture, a été reconduite dans l'usine de Saint-Julien-du-Sault (Yonne, 125 employés) de l'équipementier automobile Marelli Automotive Lighting (groupe italo-japonais Marelli), a-t-on appris mercredi de sources syndicales.

A la suite d'une longue réunion mardi avec la direction, les salariés présents sur le site ont "voté à l'unanimité la reconduction de la grève jusqu'à vendredi", date de la première réunion de négociation sur le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE, licenciement économique), a indiqué Jany Causin, délégué CFTC.

L'arrêt de travail avait été décrété mercredi 4 octobre après l'annonce de la fermeture en 2024 de deux sites de Marelli, l'un à Argentan (Orne, 167 salariés) et l'autre dans l'Yonne.

Les représentants syndicaux de Saint-Julien-du-Sault ont tenté en vain, mardi lors de la réunion avec la direction, de "montrer que l'usine est viable économiquement à condition qu'on ait des projets", a précisé M. Causin.

Mais la direction a décidé "il y a des années de laisser mourir cette usine française à petit feu", a-t-il accusé, soulignant que l'entreprise avait constitué "du stock en Italie pour des pièces de rechange".

"Ca fait des années qu'ils font des stocks pour casser notre grève", a estimé Najim Kaddouri, délégué syndical CFDT.

Interrogée, la direction a confirmé qu'"à cette date, il n'y a pas de problème de stock".

Le groupe Marelli, né en 2019 de la fusion de l'italien Magneti Marelli et du japonais Calsonic Kansei, est depuis des années en proie à une situation financière difficile, ayant été notamment placée sous supervision judiciaire au Japon en 2022.

Les représentants syndicaux rappellent que les usines d'Argentan et de Saint-Julien-du-Sault avaient déjà cessé le travail ces dernières années, dénonçant une "stratégie de délocalisation" et donc une fermeture à venir.

Lors d'une grève en novembre 2021, la CFDT s'était en particulier inquiétée du choix d'un site polonais de Marelli pour fabriquer des produits qui peuvent l'être à Saint-Julien (des phares arrières haut de gamme pour voitures) et à destination d'une usine de Stellantis à Rennes.

Selon Marelli, le site de Saint-Julien accuse une "perte d'exploitation de plus de 24 millions d'euros entre 2018 et 2022" et ne fonctionne qu'à 30% de sa capacité.

Marelli compte près de 50.000 employés dans le monde, sur 170 sites.

© 2023AFP