Retraite chapeau de Varin: "émoi" et "écoeurement" des syndicats

Les syndicats de PSA Peugeot Citroën ont fait part mercredi à l'AFP de "l'émoi" et de "l'écoeurement" suscités par la retraite chapeau de l'ancien patron du groupe, Philippe Varin, la CGT dénonçant la "complicité" du gouvernement dans cette "magouille".

L'information, dévoilée mardi par le site internet Deontofi.com, "a suscité beaucoup d'émoi parmi les salariés, dans une période où l'entreprise se reconstruit mais où malgré tout on leur demande toujours de consentir des efforts", a réagi Jacques Mazzolini, le délégué syndical central CFE-CGC.

Si les employés de PSA "sont capables de comprendre qu'un bon président du directoire qui a de bons résultats touche un certain nombre de gratifications", en revanche quand "l'entreprise va mal, il n'y a pas beaucoup de raisons de récompenser ceux qui sont à la tête" du groupe, poursuit-il.

Or, "l'image qu'ils avaient de leur PDG précédent n'était pas forcément celle de la réussite", conclut M. Mazzolini.

Pour la CGT, la retraite chapeau de l'ancien dirigeant a été accueillie avec "écoeurement et révolte".

"Ce sont ces mêmes dirigeants qui font des grandes déclarations sur la soi-disant mauvaise santé du groupe PSA, que les caisses ne sont pas encore suffisamment remplies pour pouvoir débloquer les salaires", a jugé Jean-Pierre Mercier, numéro 1 de la CGT chez PSA.

Le gouvernement a fait preuve d'une "complicité évidente" dans cette affaire, estime-t-il, puisque c'est le conseil de surveillance de PSA, "présidé par Louis Gallois, le représentant de l'État, qui a donné le feu vert pour que le groupe débloque 300.000 euros par an à vie pour M. Varin".

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll avait condamné plus tôt une décision "inacceptable".

Mais pour la CGT, l'affaire constitue en revanche "une nouvelle preuve que le gouvernement est vraiment complice de toutes les combines et les magouilles des dirigeants des grandes entreprises industrielles de ce pays".

Force ouvrière a également pointé la responsabilité de l'actuel conseil de surveillance, car "tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la mise en place de cette retraite chapeau sont coupables", selon son délégué syndical central, Christian Lafaye.

Le représentant de FO, pour qui M. Varin "semblait être quelqu'un de relativement honnête", estime que l'ancien patron "ne doit pas accepter cette retraite chapeau". Dans le cas contraire, "il ne vaudra pas mieux que ceux qui nous avaient menés dans le mur" et serait vu comme quelqu'un "là pour gagner le maximum d'argent" et qui "se moque des salariés".

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