PSA Mulhouse passe au "monoflux" de production

L'usine PSA de Mulhouse (Haut-Rhin) se convertira à partir de lundi au "monoflux" pour fabriquer ses trois modèles de véhicules sur une seule ligne de montage au lieu de deux, a annoncé jeudi la direction.

La production en monoflux de Peugeot 2008, Citroën C4 et DS4 se traduira par la suppression de 450 postes d'intérimaires, sur les 830 actuellement employés (pour 6.700 salariés permanents), a critiqué de son côté la CGT.

La dernière voiture de la ligne supprimée, une C4, sera montée ce vendredi soir, a indiqué à l'AFP un porte-parole de PSA.

Cette nouvelle organisation atteindra sa pleine cadence en trois équipes complètes (deux de jour et une de nuit) à partir du 17 août, au sortir des congés d'été, a-t-on précisé de même source.

Elle permettra une production annuelle d'environ 200.000 véhicules, a ajouté le porte-parole.

Elle s'accompagne d'un investissement de 400 millions d'euros jusqu'à l'an prochain pour installer la "plateforme EMP2" (Efficient Modular Platform) de production des véhicules des segments C et D milieu/haut de gamme de PSA, a-t-il précisé. Cette catégorie comprend aujourd'hui par exemple la 308, la 3008 ou la C5.

Le passage de Mulhouse au monoflux s'inscrit dans le cadre de la politique de "compactage" des sites PSA destinée à utiliser les capacités de production à leur maximum, sur un minimum d'espace. Le monoflux est déjà mis en oeuvre à Poissy (Yvelines) depuis le début de cette année.

A Mulhouse, il s'installera temporairement jusqu'en septembre 2016, puis définitivement à partir de 2018 ou 2019, selon la direction.

Entretemps, l'usine reviendra à un fonctionnement en deux lignes pour préparer son organisation définitive.

Les suppressions de postes d'intérimaires signifient "beaucoup plus de travail pour ceux qui restent, ce n'est pas justifié", a dénoncé le porte-parole de la CGT, Julien Wostyn.

Le syndicat CFE-CGC du site s'est félicité des investissements "garants de la pérennité de l'usine".

Toutefois, la nouvelle organisation supprime des marges de manoeuvre, s'inquiète également le syndicat. Ce qui risque de provoquer des "surcharges de travail et des accumulations d'heures supplémentaires" en cas de pic d'activité, a relevé son responsable Laurent Gautherat, interrogé par l'AFP.

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