Le métal précieux a d'abord poursuivi son rebond, toujours aidé par les dévaluations successives du yuan, la monnaie chinoise, mais surtout les craintes sur l'essoufflement économique de la Chine qui se font de plus en plus pressantes.
Ces inquiétudes se sont transformées en véritable panique lors d'un "lundi noir" sur les marchés mondiaux.
L'or a alors joué son traditionnel rôle de valeur refuge, censée protéger les investisseurs face aux turbulences des autres valeurs, et donc progressé à contre-courant des autres métaux à usage industriel.
Il a atteint 1.170,34 dollars l'once lundi, son plus haut niveau en sept semaines.
"L'or a servi de protection de la richesse depuis des siècles, alors qu'il représente une protection efficace contre divers risques dont les risques financiers, l'affaiblissement des monnaies ou l'inflation, ou les risques de pertes extrêmes pour les investisseurs dans le monde entier", a rappelé Alistair Hewitt, du Conseil mondial de l'or (CMO).
L'accès de faiblesse du dollar en début de semaine a aussi rendu le métal plus attractif car relativement moins cher pour les investisseurs munis d'autres devises.
L'euro est monté lundi à son plus haut niveau depuis la mi-janvier, se hissant même au-dessus de 1,17 dollar pour un euro, profitant d'un afflux de cambistes fuyant le billet vert et les devises les plus risquées du fait des inquiétudes sur la Chine.
Toutefois, au cours d'une semaine très volatile, la confiance est peu à peu revenue sur les marchés et le dollar a également repris des forces, effaçant du même coup les gains de l'or, qui est retombé autour de 1.120 dollars.
La tendance a été alimentée par de solides publications macro-économiques aux États-Unis. Le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 3,7% aux deuxième trimestre, selon une deuxième estimation officielle.
Cette révision à la hausse de 1,4 point de pourcentage par rapport à la première estimation a nettement dépassé les prévisions des analystes, qui tablaient sur une croissance de 3,1%.
Mais la correction des cours de l'or est toutefois restée limitée. "Ni le fort rebond des marchés actions ... ni les attentes renouvelées sur une hausse des taux de la Fed en réponse aux statistiques robustes de la croissance américaine n'ont été capables d'ajouter encore de la pression sur l'or", ont noté les analystes de Commerzbank vendredi.
L'argent a souffert plus encore que l'or, tombant à mercredi à 13,98 dollars l'once, au plus bas depuis six ans, avant de reprendre.
Le palladium, utilisé dans l'industrie automobile, a pour sa part chuté mercredi à 521,45 dollars l'once, son niveau le plus faible depuis septembre 2010, suivant un mouvement proche de celui des métaux industriels.
"La dernière vague d'incertitude est venue principalement de Chine, aggravant la situation du palladium, qui est considérablement exposé à la situation de secteur automobile de ce pays", ont noté les experts d'UBS.
Sur le London Bullion Market, l'once d'or a terminé à 1.135 dollars vendredi au fixing du soir, contre 1.156,50 dollars le vendredi précédent.
L'once d'argent a clôturé à 14,44 dollars, contre 15,46 dollars il y a sept jours.
Sur le London Platinum and Palladium Market, l'once de platine a fini à 1.003 dollars, contre 1.028 dollars sept jours plus tôt. L'once de palladium a terminé pour sa part à 573 dollars, contre 610 dollars à la fin de la semaine précédente.