Smart: front syndical contre le retour aux 39h

Le front syndical contre un retour aux 39 heures à l'usine Smart de Hambach (Moselle) s'est renforcé mercredi, la CFTC annonçant qu'elle ne poursuivrait pas en l'état les négociations avec la direction, rendant impossible la conclusion d'un accord.

La CGT et la CFDT avaient indiqué mardi leur intention d'opposer leur veto à l'accord proposé par la direction et approuvé vendredi par une majorité de salariés lors d'un référendum interne.

Ce "pacte 2020" prévoit dès l'an prochain un retour aux 39 heures, payées 37, ainsi qu'une diminution du nombre de jours de RTT pour les cadres, en échange d'un maintien de l'emploi jusqu'en 2020.

Les positions des deux autres syndicats représentés dans l'entreprise, la CFE-CGC et la CFTC, n'étaient alors pas encore connues. A eux deux, la CFE-CGC et la CFTC pourraient mathématiquement approuver l'accord puisqu'elles pèsent plus de 30% des voix des salariés (en l'occurrence, 46%).

La CFTC a souligné mercredi dans un communiqué qu'"imposer unilatéralement aux salariés une augmentation de la durée du temps plein constitue une modification du contrat de travail et une atteinte au décompte légal des heures supplémentaires", soulignant la nécessité de "laisser le choix à tous les coéquipiers d'accepter ou non une modification de leur contrat de travail".

Le syndicat s'est également dit soucieux de ne pas créer de division entre les salariés, cadres et ouvriers, et a indiqué "refuser de poursuivre les négociations tant que la direction ne respectera pas l'égalité de traitement entre les salariés".

Vendredi, les quelque 800 salariés de l'usine lorraine avaient voté à 56% pour le "pacte 2020" proposé par la direction. Toutefois, ce scrutin interne, sans valeur contraignante, avait révélé un net clivage au sein des salariés: les cadres, employés, techniciens et agents de maîtrise avaient approuvé l'accord à 74%, tandis que les ouvriers votaient +non+ à 61%.

Dans le cadre du "pacte 2020", la direction de l'usine Smart prévoit une augmentation mensuelle de 120 euros brut, ainsi qu'une prime exceptionnelle de 1.000 euros versée en deux fois sur deux ans. Elle s'est en outre engagée à embaucher 50 intérimaires en CDI entre octobre 2015 et fin 2017.

Après le déroulement de cette consultation interne, scrutée avec intérêt par le monde politique, social et économique, la direction devait poursuivre les négociations avec les syndicats, dans le cadre des négociations annuelles obligatoires sur les salaires.

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