Arrêt de travail à l'usine Française de Roues

Le personnel de l'usine Française de Roues à Diors (Indre) a totalement cessé le travail vendredi soir afin de faire pression sur ses clients, Renault et PSA, pour qu'ils s'engagent sur des commandes afin de faciliter la reprise de leur entreprise en difficulté, a-t-on appris de source syndicale.

Une centaine de salariés étaient présents vendredi sur les 500 qu'emploie cette entreprise, mais les machines étaient progressivement mises à l'arrêt, a indiqué à l'AFP Christophe Bouvet, secrétaire (CFDT) du comité d'entreprise.

"La décision a été votée par tout le personnel, des ouvriers au comité de direction", a souligné le syndicaliste.

Les salariés entendent faire pression sur les deux principaux constructeurs clients pour qu'ils s'engagent sur des volumes et des durées de commandes avant l'audience d'examen de l'avenir de l'entreprise prévue mercredi prochain. "Il faudrait au moins trois ans pour sécuriser les dossiers de reprise" de la société, a estimé Christophe Bouvet.

A l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE CGC, les salariés manifesteront samedi matin dans les rues de Châteauroux et devant la préfecture pour dénoncer le silence des constructeurs.

Deux repreneurs sont en lice pour cette usine de 500 salariés, dont 380 CDI: le groupe Arche, un autre équipementier automobile, et Sintertech, présidé par Thierry Morin, ancien Pdg de Valeo.

"Leurs offres ne sont pas recevables sans engagements des clients", déplore Christophe Bouvet, qui assure que les salariés bloqueront l'usine, et donc les expéditions de roues, jusqu'à l'audience de mercredi prochain devant le tribunal de commerce de Châteauroux.

"Française de Roues est le dernier fabricant français de roues de voiture, et il risque de disparaitre. Nous sommes restés dignes et les salariés se sont investis dans la survie de la société. A tel point que l'usine tourne à plein régime", souligne Christophe Bouvet.

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