"Nous sommes satisfaits qu'Emmanuel Macron dise qu'il ne faut pas changer la structure de l'alliance, il a aussi raison de dire que M. Ghosn n'est pas actionnaire et que chacun doit rester à sa place", a déclaré à l'AFP Franck Daoût, délégué syndical central.
Dans un entretien aux Echos, le ministre a rejeté l'idée de revenir sur l'accord-cadre de 2002 qui selon lui "définit parfaitement les relations entre Renault et Nissan", en liant les deux constructeurs par des participations croisées: Renault détient 43,4% de Nissan, et ce dernier 15% du français.
Au printemps, l'Etat est monté à 19,7% du capital de l'ex-régie. Une hausse temporaire selon le gouvernement, pour imposer l'application de la "loi Florange" récompensant les actionnaires de long terme par des droits de vote double. Mais qui n'avait pas été du goût de Carlos Ghosn.
Ces dernières semaines, les rumeurs ont enflé sur la possibilité que Renault passe sous la barre des 40% de Nissan, afin de débloquer les droits de vote du japonais chez Renault, voire que Nissan monte au capital de son partenaire pour contrer l'influence de l'Etat.
Dans ce cas, "la chaussette serait retournée" et Nissan pourrait devenir le plus gros actionnaire de Renault, "un tel scénario serait sans doute fatal à Renault, qui se verrait victime de ce que l'on pourrait appeler un +hold-up+", s'était inquiétée mercredi la CFDT.
Las des "gesticulations médiatiques de M.M. Ghosn et Macron", la CFDT réclame un retour au "statu quo" et que "l'Etat revende ses actions" au-delà de 15% "dans un délai qui lui permettra de ne pas perdre d'argent, voire d'en gagner".
Le syndicat rappelle "qu'en 2009 Nissan était au nord de la faillite et a été sauvé par Renault".
De son côté, la CGT-Renault a également manifesté cette semaine son inquiétude estimant que "Carlos Ghosn poursuit sa logique d'entrisme de Nissan au sein de Renault".
"S'il y a une priorité pour tout le monde, c'est bien de sauvegarder cette alliance", a assuré M. Ghosn mercredi à l'AFP à Tokyo.
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