Le numéro un mondial a de ce fait abaissé sa prévision de chiffre d'affaires annuel.
Pour l'ensemble de l'exercice qui sera clos fin mars 2016, il vise désormais des recettes de 27.500 milliards de yens (+1% sur un an, 206 milliards d'euros), alors qu'il espérait auparavant atteindre 27.800 milliards, pour 10 millions de véhicules écoulés (contre 10,15 millions précédemment).
Le fabricant de la citadine Yaris et de la gamme hybride Prius a vendu sur la période d'avril à septembre un peu moins de véhicules qu'un an plus tôt, à 4,98 millions d'unités (en incluant l'ensemble de ses marques: Toyota, voitures de luxe Lexus, mini-véhicules Daihatsu, poids lourds Hino).
Tetsuya Otake, un responsable de Toyota, a fait état lors d'une conférence de presse "de difficultés sur les marchés émergents en Asie, Afrique et Moyen-Orient", ainsi que d'une forte baisse des ventes de mini-véhicules au Japon.
En Asie du sud-est, où il est bien implanté, Toyota a particulièrement souffert en Thaïlande et en Indonésie.
En Chine, les ventes Toyota et Lexus ont en revanche résisté au ralentissement, augmentant de 3,7% en volume sur la période passée en revue (avril-septembre).
"Nous n'avons pas observé à ce stade d'impact sur nos volumes", avait assuré un peu plus tôt cette semaine Didier Leroy, vice-président exécutif, interrogé par l'AFP, soulignant l'énorme "potentiel", malgré les remous actuels, de ce marché où le groupe japonais a récemment annoncé des investissements.
Pour le reste de l'année, si Toyota prévoit un redressement au Japon et "un marché vigoureux" aux Etats-Unis et en Europe - à l'exception de la Russie, en plein marasme -, il reste très attentif à la conjoncture dans les économies émergentes.
"La situation y est plutôt morose, entre l'essoufflement en Chine, les mouvements des monnaies locales et la chute des prix du pétrole", a reconnu M. Otake. "Au vu de ces divers problèmes, nous avons une attitude prudente pour la seconde partie de l'année".
Toyota n'en a pas moins confirmé ses estimations de résultats qui s'annoncent une nouvelle fois inédits, grâce à des gains de change (hausse du dollar face au yen) et des réductions de coûts.
Moins de pression
Le géant prévoit un bénéfice net annuel de 2.250 milliards de yens (+3,5%, 16,9 milliards d'euros au taux de change retenu par le groupe) et un gain d'exploitation de 2.800 milliards de yens (+1,8%).
Il a déjà réalisé au premier semestre plus de la moitié du chemin, avec un résultat net de 1.258 milliards de yens (+11,6%) et un bénéfice opérationnel de 1.583,4 milliards de yens (+17,1%).
Depuis une douloureuse crise de rappels en 2009-2010, le numéro un mondial des ventes automobiles a mis l'accent sur la compétitivité des usines plutôt que sur la course au volume. Etre le plus important constructeur ne doit pas être une obsession, a récemment insisté son PDG, Akio Toyoda.
D'où cette révision négative du chiffre d'affaires, selon l'analyste Hans Greimel, analyste d'Automotive News. En outre, "Toyota a désormais moins de pression" alors que son rival allemand Volkswagen, qui l'avait brièvement détrôné entre janvier et juin, s'enfonce dans la crise.
Toyota était un des derniers constructeurs automobiles japonais à publier ses comptes. Nissan, qui avait dévoilé les siens lundi, vise lui aussi un bénéfice net historique en 2015-2016. Les groupes plus petits, comme Mazda et Suzuki, se portent aussi très bien.
Interrogé sur le scandale Takata, Toyota a refusé de dire s'il prévoyait, comme Honda, de bannir de ses nouveaux véhicules les gonfleurs d'airbags de l'équipementier japonais, mais il n'a pas exclu cette possibilité.
"Nous poursuivons nos investigations" et "nous adopterons les meilleurs gonfleurs pour nos voitures en cours de développement", a déclaré un des dirigeants du groupe, Shigeru Hayakama.
De leur côté, Mitsubishi Motors et Subaru (Fuji Heavy) ont fait savoir qu'ils envisageaient de ne plus s'approvisionner auprès de Takata, dont l'action a plongé de plus de 25% jeudi à la Bourse de Tokyo, après avoir déjà perdu 13% mercredi.
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