Tricherie VW: Séoul ordonne le rappel de 125.500 VW

Séoul a ordonné à Volkswagen de rappeler 125.500 véhicules diesel, des tests ayant confirmé qu'ils étaient équipés de moteurs truqués faussant les résultats des contrôles antipollution, a annoncé jeudi le ministère sud-coréen de l'Environnement.

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Le ministère a également annoncé dans un communiqué avoir infligé une amende de 14,1 milliards de wons (11,5 millions d'euros) au constructeur allemand empêtré dans un scandale mondial sans précédent.

Volkswagen devra présenter au ministère d'ici au 6 janvier un plan détaillé organisant ce rappel, et précisant les modalités pour remettre ces véhicules en conformité avec les niveaux autorisés d'émissions.

Les véhicules sont pour la plupart équipés de moteurs vendus en Corée du Sud entre 2008 et 2015.

Les tests ont été opérés sur route et en laboratoire sur différents modèles, y compris la Golf, la Tiguan, l'Audi A3, la Jetta et la Coccinelle.

Volkswagen, géant aux douze marques et 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires mondial, a équipé 11 millions de véhicules dans le monde d'un logiciel capable de fausser les résultats de tests antipollution, et de faire passer les voitures pour moins polluantes qu'elles ne sont vraiment.

Les propriétaires sud-coréens des véhicules en question seront tenus d'arborer une vignette pour assurer que leur moteur a été revu et remis en conformité, a indiqué le ministère.

"Nous respectons les résultats de l'enquête officielle du ministère de l'Environnement", a indiqué Volkswagen Corée dans un communiqué.

"Nous prendrons les mesures nécessaires fondées sur les exigences du droit conformément aux lois et réglementations pertinentes", a poursuivi le groupe.

Le scandale de la tricherie aux normes antipollution, qui a éclaté en septembre aux Etats-Unis et concerne de nombreux pays d'Europe et d'ailleurs, pourrait coûter selon certaines estimations entre 20 et 60 milliards d'euros au constructeur, qui doit organiser le rappel gigantesque de plusieurs millions de véhicules.

Le groupe allemand, qui fait face à des enquêtes dans de nombreux pays, a par ailleurs fait état début novembre de nouvelles "irrégularités" sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 800.000 voitures dont au moins 98.000 voitures à essence. Volkswagen a dans un premier temps estimé les charges financières de cette affaire à 2 milliards d'euros.

Le ministère sud-coréen de l'Environnement a indiqué qu'il allait étendre son enquête à 16 autres constructeurs automobiles --sud-coréens et étrangers-- pour vérifier que les concurrents de Volkswagen ne se livrent pas à la même fraude. Parmi les constructeurs visés, figurent notamment BMW, Mercedes, Porsche, Volvo, Peugeot, Ford, Hyundai ou encore Kia Motors.

Ces tests doivent durer jusqu'en avril.

Des milliers de Sud-Coréens se sont joints à un recours collectif ("class-action") contre Volkswagen, cherchant à obtenir des dédommagements pour avoir été trompés lors de l'achat d'un véhicule du constructeur allemand.

Environ 70% des voitures étrangères vendues en Corée du Sud ont des moteurs diesel.

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© 2015AFP