Tricherie VW: peu d'impact chez les loueurs longue durée

Les loueurs français de voitures de longue durée ont affirmé vendredi n'avoir noté qu'un impact "minime" du scandale Volkswagen pour l'instant, mais restent très attentifs en raison du "grand risque" encouru par leur secteur sur la variation des prix de revente.

"Il n'y a pas d'impact important - c'est vraiment à la marge - sur les ventes des véhicules des marques du groupe Volkswagen et (leurs) valeurs résiduelles", a déclaré le président du Syndicat national des loueurs de voitures en longue durée (SNLVLD), François-Xavier Castille.

Le syndicat, qui regroupe les principaux professionnels de ce secteur, "propriétaires d'environ 1,25 millions de voitures" au total en France, louées ensuite à des entreprises, a mis en place des outils "très fins" pour mesurer l'évolution des comportements d'achat et de la valeur des voitures, a expliqué M. Castille lors d'une conférence de presse consacrée au bilan 2015 de son organisation.

"Sur ce qu'on voit des chiffres, l'impact est minime" sur les achats de véhicules du groupe Volkswagen, a insisté M. Castille.

Le géant allemand a avoué en septembre avoir équipé environ 11 millions de véhicules dans le monde de logiciels truqués pour dissimuler des émissions d'oxydes d'azote (NOx) supérieures aux normes.

Ce scandale, qui a forcé le président du groupe VW à démissionner, a aussi contraint VW à rappeler des millions de véhicules et a posé la question d'une baisse de leur valeur de revente.

Ce sujet s'avère particulièrement aigu pour les loueurs de longue durée, qui achètent des centaines de milliers de véhicules et établissent des contrats de location en fonction de leur valeur résiduelle quatre ans plus tard.

"Il y a un grand risque pour les loueurs, c'est pour cela que c'est suivi de manière très précise par chaque loueur" et le SNLVLD, a remarqué son président.

Le diesel, dont la part a reculé de sept points dans le marché automobile du neuf en 2015, à 57%, continue à dominer les ventes aux entreprises, avec 90% des véhicules, même si la proportion baisse légèrement d'une année sur l'autre, selon le syndicat, qui relève un kilométrage annuel moyen de 28.000 km par véhicule.

"Une entreprise n'est pas philanthrope, donc aujourd'hui pour tous les véhicules qui roulent plus de 15.000 km et au-dessus d'une catégorie C (taille moyenne, type Peugeot 308, ndlr), le coût total d'utilisation d'une voiture diesel est plus intéressant que celui d'une essence", a-t-il argumenté.

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