"J'ai déjà pris contact personnellement avec l'ensemble des leaders syndicaux (...) en disant: +nous avons la ferme intention de recommencer+", a déclaré le dirigeant, au cours d'une audition à l'Assemblée nationale.
"Ce que nous voulons, c'est mettre à profit l'année 2016 pour mettre sur la table quelles sont les préoccupations qui existent aujourd'hui au sein de l'entreprise, de quoi l'entreprise a besoin pour continuer sur sa lancée sur les trois prochaines années, et donc qu'on essaye de refaire un contrat de compétitivité, mais cette fois sur 2017, 2018, 2019 (...), avec des engagements de part et d'autre qui soient très clairs et qui soient assumés, qui nous garantissent une paix sociale dans laquelle tout le monde travaille dans la même direction", a détaillé Carlos Ghosn, devant les commissions des Finances et des Affaires économiques.
Auparavant, le patron avait vanté la "réussite" de l'accord actuel, signé en mars 2013 par trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, FO) pour la période 2014-2016, et grâce auquel "nous avons maintenu tous nos sites industriels en France".
Cet accord prévoyait plus de 8.000 départs sans licenciements, une augmentation du temps de travail et une modération salariale en échange d'une garantie sur la pérennité des sites industriels et coeurs de métiers, ainsi qu'un minimum de véhicules produits en France (710.000 par an à horizon 2016).
"J'avais plutôt en tête que les accords de compétitivité étaient construits sur les difficultés conjoncturelles que pouvait rencontrer une entreprise", a réagi Christophe Castaner, député PS des Alpes-de-Haute-Provence, qui a dit voir "une contradiction entre la revendication posée d'élaborer un nouvel accord de compétitivité et le besoin, compte tenu de la situation économique" du groupe au losange.
"Renault va bien", a en effet déclaré Carlos Ghosn en introduction de ses propos devant les députés, alors que le groupe a publié vendredi un bénéfice net annuel en hausse de 48,1% à 2,96 milliards d'euros.
"Oui, ça a commencé comme un accord conjoncturel, mais ça a tellement réussi qu'on s'est dit: +mais pourquoi on ne continue pas comme ça?+", a répondu le PDG, citant l'évolution des métiers, la proportion d'emplois précaires et le niveau des salaires parmi les préoccupations exprimées par les salariés.
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