La centrale syndicale américaine AFL-CIO, dont la représentation dans la branche automobile est assurée par l'UAW (United Automobile Workers), a affirmé jeudi que Volkswagen ne respectait pas ses propres principes de représentation du personnel en refusant d'engager dans cette usine des négociations sur une convention collective avec une partie des ouvriers qualifiés.
Ces derniers, environ 160 au total, ont voté en décembre pour se constituer en section syndicale, une première dans une usine automobile du sud des Etats-Unis gérée par un constructeur étranger.
L'usine de Chattanooga emploie environ 2.500 personnes, dont 1.600 à plein temps, et doit notamment servir de site de production pour le modèle SUV (4x4 de ville) que doit prochainement lancer VW aux Etats-Unis. Ce modèle a été décrit par le président de Volkswagen-USA comme essentiel pour le développement du constructeur allemand sur le marché américain.
Un porte-parole de Volkswagen-USA a souligné jeudi que limiter les négociations sur une convention collective aux seuls ouvriers qualifiés ne correspondrait pas aux principes appliqués par le constructeur dans ses négociations sociales.
Mais l'UAW a rappelé que l'usine de Chattanooga était la seule usine du groupe dans le monde sans représentation syndicale et affirmé que ce point de vue était partagé par la centrale syndicale allemande IG-Metall.
L'AFL-CIO n'a pas hésité à lier le conflit syndical à l'usine de Chattanooga au scandale des moteurs diesel qui touche actuellement VW.
"Le scandale des émissions des moteurs diesel de Volkswagen a remis en question les principes vantés par le groupe, à savoir la protection de l'environnement, la soutenabilité et la responsabilité sociale. Les dégâts provoqués auprès de ses clients mettront du temps à s'estomper", estime l'AFL-CIO dans un communiqué.
"Les travailleurs de Volkswagen se sentent aussi trompés, non pas tant par le scandale des émissions, mais par le comportement du constructeur dans son usine de Chattanooga", accuse la centrale syndicale.
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