Le fonds public d'investissement qatari QIA a proposé la candidature d'Hessa Al-Jaber pour succéder à Akber Al-Baker, ministre qatari et patron de Qatar Airways actuellement membre du conseil. Les actionnaires réunis en assemblée générale doivent entériner ce choix le 22 juin. Un autre représentant du Qatar siège aussi dans l'organe de contrôle, qui compte 20 membres.
Mme Al-Jaber, ingénieur de formation et ministre qatarie des Technologies, sera "la pemière femme à représenter le Qatar au conseil de surveillance d'une multinationale", a précisé Volkswagen dans un communiqué. QIA est pourtant actionnaire, par l'intermédiaire de son fonds Qatar Holding, de plusieurs grandes entreprises dont Credit Suisse, Lagardère ou encore Vivendi.
Qatar Holding détient 14,6% du capital de Volkswagen. Selon la presse, le fonds fait pression pour qu'un de ses représentants au conseil de surveillance fasse partie du "présidium", un comité qui compte pour le moment six personnes au sein de l'organe et jouit d'un pouvoir important.
Ces derniers mois, en pleine crise des moteurs diesel truqués, le présidium s'est réuni plusieurs fois et a joué un rôle clé dans la gestion des suites du scandale, par exemple dans les changements à la tête du groupe. Pour le moment le Qatar n'y est pas représenté, à l'inverse des autres actionnaires du groupe, la famille Porsche et l'Etat régional allemand de Base-Saxe.
Volkswagen fait valoir que la nomination de Mme Al-Jaber au conseil de surveillance, qui compte déjà plusieurs autres femmes, lui permettra de se conformer à la législation allemande en vigueur: depuis le début de l'année les organes de contrôle des grandes entreprises cotées sont contraints de se féminiser, pour arriver à un taux de 30% de femmes.
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