Ventes VN France: +0,8% en juin, la hausse ralentit

Le marché automobile français a ralenti en juin avec une croissance de seulement 0,8% mais reste en forte progression (+8,3%) sur les six premiers mois de 2016, nourrissant l'optimisme des constructeurs.

Même avec un second semestre qui semble s'annoncer moins dynamique, la croissance sur l'année devrait s'établir "autour de 5%", a estimé le président du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), Christian Peugeot, lors d'une conférence de presse vendredi.

Le CCFA tablait jusqu'ici sur une croissance de 2% pour 2016. En 2015, 1,91 million de voitures particulières neuves avaient été mises en circulation en France, une hausse de 6,8%.

"En début d'année, on ne le voyait pas du tout à ce niveau-là, on pense que le deuxième semestre sera un petit peu plus calme, mais ça nous permet d'envisager un bon +5%", a expliqué le directeur commercial France de Renault, Philippe Buros.

La faible croissance du marché en juin peut s'expliquer en partie par un mois de référence élevé, 2015 ayant été "exceptionnellement haut", a souligné Jean-François Belorgey, expert du secteur au sein du cabinet EY.

Mais il est aussi possible que le marché soit entré dans une phase "d'atterrissage en douceur" après des mois d'euphorie, selon lui.

M. Belorgey a aussi mis en garde contre les possibles effets du "Brexit" en France. "La confiance des consommateurs a besoin d'un peu de clarté (...) cela pourrait chambouler le marché en fin d'année".

Dans un pays qui a absorbé 227.366 voitures en juin, Renault a tiré son épingle du jeu avec une hausse de ses immatriculations de 7% par rapport au même mois de 2015, tandis que son rival PSA a chuté de 5,1%.

Premier importateur en juin avec 11% du marché français, le groupe Volkswagen a vu ses immatriculations plonger de 10,9%, sur fond de séquelles du scandale aux moteurs diesel truqués.

La faible croissance en juin contraste avec celle vue le mois précédent (+22,3%). Mais elle devait beaucoup à trois jours ouvrables supplémentaires par rapport à mai 2015.

On retrouve l'effet de ces trois journées dans les statistiques de l'année en cours, et en données comparables, la progression du marché sur six mois s'établit à 5,8%, selon le CCFA.

 

BMW en très grande forme

Sur le semestre, Renault connaît une croissance à 11%, grâce à sa marque "low-cost" Dacia (+14,3%) tandis que les voitures portant le losange voient leurs immatriculations progresser de 10,2%.

Chez le rival PSA, qui croît de 5,8%, toutes les marques sont en progression sur le semestre: DS (+7,2%) se comporte mieux que Peugeot (+6,3%) et Citroën (+4,7%).

A eux deux, les groupes français règnent sur 55% du marché hexagonal et confisquent les neuf premières places des modèles les plus populaires, en tête desquels la Renault Clio (5,6% du marché) et les Peugeot 208 et 308, respectivement 4,9% et 4%.

Côté motorisations, l'érosion du diesel se confirme. La part des voitures neuves roulant au gazole est de 52,8% sur six mois contre 57,2% pendant toute l'année 2015 et 63,9% en 2014.

Résultat, pour la première fois depuis que les diesel sont entrés dans les gammes françaises en 1959, la part de cette motorisation a légèrement décru dans le parc roulant, de 62,4 à 62,2%, selon le CCFA.

Si les motorisations hybrides, désormais moins favorisées par la fiscalité, ont perdu des parts, les 100% électriques bénéficiant de forts bonus conquièrent sur six mois 1,12% du marché, soit 12.338 unités.

Côté constructeurs étrangers, le groupe Volkswagen détient une part de 12,3% et progresse de 4,1% sur six mois; Ford, quatrième en volume, s'érode de 0,2% et se fait presque rejoindre par BMW (avec Mini) qui bondit de 20,3%.

Autres constructeurs en forme sur six mois: Fiat Chrysler (+12,9%), Volvo (+16,4%) et le groupe sud-coréen composé de Kia et Hyundai (+18,5%). Cette dernière marque s'offre même +32,8% en juin, sur fond d'offres commerciales agressives en tant que sponsor de l'Euro de football 2016.

Nissan, partenaire de Renault, reste le groupe le moins bien orienté, à -0,9% en volume, le faisant tomber à 3,7% du marché contre 4% lors de la même période de 2015. Il laisse du coup s'échapper son rival japonais Toyota (+7,9% sur le semestre).

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