La stabilité des ventes du groupe PSA (-0,2%, soit 2.685 unités de moins) recouvre des performances très contrastées selon les régions du monde.
Ainsi en Chine et en Asie du sud-est, elles ont plongé de 19,4% (296.507 véhicules), le groupe attribuant ce revers, qui frappe ses trois marques (Peugeot, Citroën et DS) à "un marché en pleine mutation".
"La montée en puissance des marques chinoises affecte tous les constructeurs", a expliqué à l'AFP un porte-parole de PSA.
Avec une croissance supérieure à 8% au premier semestre, "le marché chinois n'est pas du tout en panne", constate Flavien Neuvy, président de l'Observatoire Cetelem de l'automobile, confirmant que "la concurrence est plus forte, les parts de marché sont plus difficiles à acquérir, ou à maintenir".
C'est particulièrement le cas pour PSA, présent depuis les années 90 en Chine, où il compte actuellement trois sites de production. L'Empire du milieu est même devenu son premier marché, devant la France, en 2014, année où le groupe a été sauvé de la faillite par son partenaire Dongfeng.
Mais la croissance des ventes s'y est tarie, jusqu'à s'inverser en 2015. "Toutes les marques occidentales sont freinées dans leur marché de prédilection", situé dans les zones côtières alors que "le marché croît plutôt dans l'intérieur du pays", où les acheteurs "ont moins d'argent", analyse Jean-François Belorgey, spécialiste du secteur au sein du cabinet EY.
L'essor "spectaculaire" des SUV, qui représentent un quart des ventes en Chine, rebat aussi les cartes. "Certains constructeurs sont bien placés, d'autres le sont moins", observe-t-il.
"Très forte dépendance" à l'Europe
Faute de pouvoir s'aligner sur les prix de ses concurrents locaux, PSA entend tirer parti de cette "montée en puissance des SUV" avec sa quatrième usine chinoise, qui sera inaugurée en septembre, afin de produire cinq modèles de SUV sur place d'ici 2018, rappelle le porte-parole.
En attendant, PSA profite de la bonne santé du marché européen. Ses ventes sur le Vieux Continent ont progressé de 7,4% franchissant le seuil du million de véhicules (1.055.875).
Le total en fin d'année devrait se situer "autour des 2 millions" (contre 1,8 million en 2015), en dépit d'un "léger repli du marché" anticipé au second semestre, en raison notamment du Brexit, estime Denis Martin, directeur Europe du groupe.
La croissance du premier semestre, "légèrement inférieure" à celle du marché européen, "n'est pas une surprise", mais elle atteste de "la très forte dépendance" de PSA à cette région, qui représente désormais 68,4% de ses ventes, constate M. Neuvy.
"L'enjeu pour les prochaines années sera de diversifier le mix des ventes", par exemple en développant une gamme low-cost, notamment pour "profiter de la croissance à venir en Afrique", poursuit-il.
Or, les ventes de PSA dans la zone Afrique-Moyen-Orient ont diminué de 13,3% (87.420 véhicules) depuis le début de l'année, sous l'effet de restrictions des importations ou de l'accès aux devises dans plusieurs pays d'Afrique du nord, et malgré le retour en Iran des marques Peugeot et DS.
Le groupe a cependant enregistré une forte croissance en Amérique latine (+16,4%, 88.791 véhicules), où le marché s'est pourtant contracté de 8,2%, plombé par la récession du Brésil.
M. Martin s'est dit globalement "confiant sur les objectifs du groupe", tant en matière de ventes que de résultat opérationnel. Groupe PSA publiera ses résultats semestriels le 27 juillet.
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