La séance a été marquée par un net repli technique de l'action Nintendo, qui avait bondi de quelque 120% depuis le début de la fièvre Pokemon Go, jeu de réalité augmentée qui a conquis des millions d'adeptes dans le monde et devrait débarquer sous peu au Japon.
A l'issue des échanges, le Nikkei des 225 valeurs vedettes a cédé 0,25% (-41,42 points) à 16.681,89 points.
L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a pour sa part reculé de 0,05% (-0,64 point) à 1.330,75 points.
Sur le volet des changes, le dollar s'est élevé à 106,15 yens, en légère progression par rapport à son cours de la veille à la clôture, tandis que l'euro fléchissait, à 116,95 yens.
Que ce soit du côté des devises ou de l'agenda, dépourvu de rendez-vous majeur, "il n'y a pas vraiment d'éléments susceptibles d'inciter le marché à bouger", a commenté pour l'agence Bloomberg Chihiro Ohta, analyste chez SMBC Nikko Securities à Tokyo.
Le Nikkei s'était envolé de plus de 9% la semaine dernière, avant de gagner encore 1,37% mardi à la reprise des échanges après un week-end de trois jours. "La Bourse a besoin d'une pause, et Nintendo aussi", a-t-il souligné.
Le moral des investisseurs a également pu être entamé par les nouvelles prévisions du Fonds monétaire international (FMI), revues mardi à la baisse en raison de "l'incertitude considérable" créée par le vote en faveur du Brexit. Dans le cas du Japon, le produit intérieur brut (PIB) est désormais attendu en petite augmentation de 0,3% en 2016, soit un déclin de 0,2 point par rapport aux précédentes projections.
- Nintendo bat en retraite, McDo sourit -
Sur le front des valeurs, Nintendo est donc retombé de ses sommets, dégringolant de 12,60% à 27.765 yens sur des prises de bénéfices. "Nous sommes en territoire de bulle spéculative, la hausse vertigineuse de l'action ne va probablement pas durer", avait prédit mardi Neil Wilson, analyste marchés chez ETX Capital.
"Pokemon Go change la donne pour Nintendo, c'est clairement le signe qu'il a embrassé la révolution des jeux sur smartphones", soulignait-il, mais "il est difficile d'évaluer exactement les retombées financières pour le groupe" qui n'a pas lui-même développé ce divertissement.
Selon des informations de presse, l'application devrait être lancée très prochainement dans l'archipel, où elle sera sponsorisée par le géant américain de la restauration rapide McDonald's. Cette collaboration doit être annoncée "dès jeudi en même temps que la sortie du jeu", a rapporté le quotidien économique Nikkei mercredi.
Sous l'effet de cette association potentiellement fructueuse, l'action de la filiale japonaise de McDonald's s'est appréciée de 9,84% à 3.515 yens. Elle avait déjà gagné plus de 5% la veille, grâce à la vente de figurines à l'effigie de Pokemons avec les "Happy meals".
Dans le secteur phare de l'électronique, les mouvements ont été limités (Sony -0,12% à 3.232 yens, Panasonic +0,35% à 999,1 yens). Idem dans l'automobile (Toyota -0,15% à 5.775 yens, Nissan +0,38% à 1.047 yens).
A noter enfin, la contre-performance des sidérurgistes JFE Holdings (-3,98% à 1.421 yens) et Nippon Steel & Sumitomo Metal (-2,33% à 2.111,5 yens). Les mégabanques ont elles aussi été délaissées: Mitsubishi UFJ Financial Group a lâché 2,05% à 510,9 yens, et Sumitomo Mitsui Financial Group 1,94% à 3.170 yens.
anb/ggy