Christian Hutin, élu d'une circonscription du département du Nord, a déploré cet état de fait et qualifié, dans des déclarations à l'AFP, cette usine de Canton, dans le Mississippi, de "lieu de non-droit".
Le patron du groupe Renault-Nissan, Carlos Ghosn, avait déjà été interpellé fin juin en France par des représentants de plusieurs syndicats français appuyés par l'UAW sur la situation dans cette usine, implantée dans l'une des régions les plus pauvres des Etats-Unis.
M. Hutin a affirmé mardi que le gouvernement français "devait s'emparer de cette affaire". Celui-ci a une participation de près de 20% dans Renault, lui-même principal actionnaire de Nissan.
Le député avait notamment demandé à rencontrer le directeur de l'usine, Steve Marsh, ancien directeur du site de Renault à Douai (nord de la France) mais s'est heurté à une fin de non-recevoir.
Gary Casteel, secrétaire-général trésorier de l'UAW, a estimé mardi qu'il était "profondément troublant" que la direction de l'usine ait refusé de le recevoir.
"Il s'agit d'un nouveau développement dans l'attitude négative manifestée par l'Alliance (Renault-Nissan), qui refuse de discuter avec les autorités américaines et internationales sur ce sujet", a ajouté M. Casteel.
L'UAW a déposé une plainte en mai devant le National Labor Relations Board (conseil fédéral des relations sociales) américain affirmant que Nissan utilisait des tactiques dissuasives contre les ouvriers qui manifestaient des velléités de se syndiquer.
L'usine, qui a ouvert en 2003, emploie actuellement 6.000 personnes et crée jusqu'à 25.000 emplois indirects dans cet Etat du sud des Etats-Unis.
Selon Kristina Adamski, vice-présidente pour la communication chez Nissan North America, les ouvriers de l'usine ne gagneraient rien à se syndiquer.
"Dans tous les pays où Nissan a des activités, nous suivons à la fois l'esprit et la lettre de la loi. Nissan ne respecte pas seulement les lois sociales, mais travaille aussi à s'assurer que tous les employés connaissent ces lois, comprennent leurs droits et jouissent de la liberté d'exprimer leurs opinions et d'élire leur représentants comme ils le souhaitent", a-t-elle affirmé.
Elle a précisé que la direction de l'usine n'avait pu rencontrer M. Hutin en raison d'un emploi du temps chargé.
Nissan n'est pas le seul constructeur a faire face à l'UAW dans le sud des Etats-Unis. Le syndicat tente également d'ouvrir une section syndicale dans une usine de Volkswagen à Chattanooga mais le constructeur allemand s'y oppose.
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