Conduite : la liste des médicaments à risque bientôt revue

La liste des médicaments dont la consommation peut être dangereuse au volant, et qui nécessitent donc un message d'avertissement, sera bientôt revue, a annoncé jeudi la sécurité routière, après qu'une récente étude a pointé du doigt l'inefficacité de ce système.

"Il faut maintenir en vie le système des pictogrammes qui reste efficace", a plaidé auprès de l'AFP le Délégué interministériel en charge de la sécurité routière Emmanuel Barbe.

La Sécurité routière, avec l'agence du médicament, "remet à jour la liste des médicaments qui doivent être soumis aux pictogrammes", a-t-il ajouté, annonçant une prochaine "campagne de sensibilisation auprès des médecins et des pharmaciens pour qu'un rappel des pictogrammes soit fait".

"S'il y a une suspicion lors d'un accident routier, l'agent de police, sous l'autorité du procureur de la République, peut toujours demander des analyses toxicologiques", a rappelé M. Barbe, qui a toutefois souligné que contrôler tous les conducteurs avec des prises de sang était "impossible".

Les pictogrammes colorés destinés à identifier les médicaments les plus à risque pour la conduite d'un véhicule n'ont pas permis de réduire le nombre d'accidents de la route liés à ces médicaments en France, selon une étude publiée lundi par la revue British Journal of Clinical Pharmacology.

"Les informations inscrites sur les boîtes de médicaments sont pertinentes, mais ça ne suffit pas", résume Emmanuel Lagarde, principal auteur de cette étude de chercheurs de l'Inserm, qui n'a "pas vu de baisse durable du risque d'accident lié aux médicaments" après la mise en place à partir de 2007 d'un nouveau système de pictogrammes destinés à identifier les médicaments les plus à risque pour la conduite d'un véhicule.

Les médicaments à risque pour la conduite, soit un tiers des médicaments sur le marché, font l'objet d'une signalisation en France depuis la fin des années 1990.

Un pictogramme unique, un triangle rouge, sans texte et sans précision a été remplacé à partir de 2007 par trois triangles sur les boîtes de médicaments : jaune (niveau 1) qui préconise de "ne pas conduire sans avoir lu la notice", un triangle orange (niveau 2) qui demande d'être "très prudent" et de "ne pas conduire sans l'avis d'un professionnel de santé" et enfin un triangle rouge (niveau 3) qui exige de ne pas conduire du tout.

Selon une précédente étude de l'Inserm, la prise de médicaments à risque serait responsable de 3 à 4 % de l'ensemble des accidents de la circulation en France.

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