La Bourse de Tokyo finit en repli (Nikkei -0,32%)

La Bourse de Tokyo, fermée jeudi pour cause de jour férié, a fini la semaine dans le rouge, minée par le renforcement du yen face à un dollar affaibli par le statu quo de la Réserve fédérale américaine (Fed).

A l'issue des échanges, le Nikkei des 225 valeurs vedettes a cédé 0,32% (-53,60 points) à 16.754,02 points. Il avait bondi de 1,91% mercredi, soutenu par un repli temporaire du yen après l'adoption par la Banque du Japon (BoJ) d'une nouvelle stratégie pour revigorer l'inflation.

Sur l'ensemble de la semaine, écourtée à trois séances, l'indice a pris 1,42%.

L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a pour sa part reculé ce vendredi de 0,23% (-3,11 points) à 1.349,56 points.

L'activité a été moyenne, avec 1,96 milliard de titres échangés sur le premier marché.

Sur le volet des changes, le dollar se situait autour de 100,90 yens, en net retrait par rapport à son cours de mercredi à la fermeture de la place tokyoïte (102,57 yens). Idem pour l'euro qui valait 112,99 yens, contre 114,20 yens.

"Même si la décision de la Fed de laisser inchangés ses taux d'intérêt est perçue positivement, le regain du yen est une source d'inquiétudes pour les marchés", a commenté pour l'agence Bloomberg News Takashi Ito, analyste de Nomura Securities.

La devise nippone s'est également appréciée du fait des doutes des cambistes quant à l'efficacité de la nouvelle stratégie de la BoJ, centrée sur le contrôle du rendement des obligations d'Etat à 10 ans, dans le but de limiter les effets négatifs de sa politique ultra-accommodante qui a heurté la profitabilité des banques.

Le gouvernement japonais a fait part de ses préoccupations vendredi sur les mouvements abrupts du yen, réitérant ses précédentes menaces d'une intervention sur le marché des changes.

"Nous prendrons les mesures nécessaires si ce genre de mouvements devait persister", a déclaré à la presse le porte-parole de l'exécutif, Yoshihide Suga.

- Dentsu plombé par des révélations d'irrégularités -

Parmi les 225 composantes du Nikkei, les groupes exportateurs, en première ligne quand le yen remonte, ont plongé. Dans l'automobile, Toyota a perdu 3,15% à 5.950 yens et Honda 2,37% à 3.007 yens. Nissan a fait exception en augmentant de 0,97% à 1.033,5 yens.

Les mégabanques, prisées mercredi, ont rechuté: Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) a décliné de 1,53% à 544,8 yens, Mizuho de 1,93% à 182,5 yens et Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG) de 1,62% à 3.629 yens.

A noter aussi, la chute de l'action du géant publicitaire Dentsu (-4,78% à 5.170 yens) après des informations de presse sur des surfacturations de clients au Japon. Le groupe a confirmé ces irrégularités après la clôture.

Du côté de l'électronique, Sony a augmenté de 0,80% à 3.400 yens. Le groupe chinois Wanda, qui possède un vaste réseau de salles de cinémas dans le monde, a annoncé un "partenariat stratégique" avec le studio Sony Pictures, dans l'espoir affiché de renforcer l'influence culturelle de la Chine à Hollywood.

Parmi les autres titres vedettes, Panasonic a trébuché de 0,23% à 1.049,5 yens, tandis que Fast Retailing (Uniqlo) a gagné 0,69% à 33.230 yens et Nintendo 0,40% à 27.105 yens.

Le conglomérat industriel Hitachi a quant à lui fléchi (-1,30% à 483,7 yens) malgré des ambitions réaffirmées dans le secteur ferroviaire. Selon le quotidien économique Nikkei, citant le PDG, la firme espère réaliser dans cette division des ventes de 1.000 milliards de yens (8,8 milliards d'euros) au début des années 2020, via ses activités au Japon, en Grande-Bretagne et en Italie et des acquisitions.

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