Le fringant constructeur italien (il souffle ses 72 bougies cette année) s'est imposé dans l'imaginaire collectif comme l'une des marques emblématiques de l'automobile sportive.
Ses bolides sont réservés à quelques "happy few", prêts à débourser de 200.000 euros pour un modèle "classique" à plus d'un million pour des séries limitées, mais aussi disposés à attendre de longs mois pour tenir le précieux volant entre leurs mains.
Le groupe - dont les premières voitures sont sorties de l'imagination d'Enzo Ferrari - a cherché ces dernières années à accroître sa production, tout en maintenant cette notion d'exclusivité si importante pour ses clients. En 2010, il n'avait vendu par exemple que 6.573 véhicules.
"La hausse reste limitée et ne change rien en terme d'exclusivité. Elle témoigne surtout de l'élargissement du marché de Ferrari au niveau mondial, vers la Chine et l'Inde par exemple", explique à l'AFP Carlo Alberto Carnevale-Maffè, professeur de stratégie à l'Université Bocconi de Milan.
L'an passé, le groupe de Maranello a livré exactement 10.131 bolides, soit 880 de plus qu'en 2018 (+9,5%).
L'Europe-Moyen-Orient-Afrique reste de loin son principal marché, avec 4.895 véhicules et une progression de 15,8%.
Les livraisons ont bondi par ailleurs de 20,3% en région Chine-Hong Kong-Taïwan et de 12,9% dans le reste de l'Asie, tandis qu'elles ont diminué de 3,3% sur le continent américain.
Porté par ces ventes record, le chiffre d'affaires annuel du constructeur a augmenté de 10,1%, à 3,76 milliards d'euros, en ligne avec les attentes des analystes.
Le bénéfice net a en revanche diminué de 11,2%, à 699 millions d'euros, soit un peu moins bien qu'attendu par les analystes (712 millions). Le recul a même atteint 13,1% au quatrième trimestre.
Ces chiffres en berne ont provoqué une chute du titre à la Bourse de Milan: vers 17H00 (16H00 GMT), il cédait 2,56% à 150,3 euros, alors qu'il était en hausse avant la publication des résultats.
Objectifs 2020 relevés
Ferrari a pourtant relevé ses objectifs 2020: il prévoit un chiffre d'affaires supérieur à 4,1 milliards d'euros (au lieu de supérieur à 3,8 milliards) et un Ebitda ajusté entre 1,38 et 1,43 milliard d'euros (contre supérieur à 1,3 milliard précédemment).
L'année 2019 a été "robuste tant d'un point de vue quantitatif que qualitatif", a déclaré son patron, Louis Camilleri, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes, en se félicitant de la performance "particulièrement forte" au quatrième trimestre.
"Nous débutons 2020 avec un bon élan, un excellent portefeuille qui sera complété avec deux nouveaux modèles cette année", et "un carnet de commandes plus important que jamais", a-t-il ajouté.
Pour la deuxième année consécutive, Ferrari a été consacrée en janvier "marque la plus puissante au monde" par la société spécialisée Brand Finance.
"Au-delà de la qualité de ses produits, la marque Ferrari a une notoriété extrêmement importante, et qui ne dépend plus seulement, comme par le passé, de ses résultats sportifs, mais de son style et positionnement", souligne M. Carnevale-Maffè.
"Les Ferrari sont passées de voitures uniquement super sportives et super puissantes, à une gamme élargie incluant du grand tourisme avec plus de confort pour un usage quotidien", explique l'expert, le tout avec "un travail très fort de personnalisation, de service à la clientèle et de gestion de la communauté Ferrari, via des clubs qui tiennent vivante la passion et donnent un sentiment d'appartenance très fort".
Ferrari a aussi développé des véhicules hybrides, avec une technologie qualifiée de "très avancée". Mais pour un SUV, un 4X4 urbain, il faudra attendre au moins 2022 et pour une voiture complètement électrique au moins 2025.
Seule grande déception: la Formule 1, où Ferrari a été sacrée en 2019, pour la troisième année consécutive, vice-championne du monde derrière Mercedes.
Pour 2020, "notre ambition reste la même: gagner", avec une nouvelle voiture et une augmentation des investissements, a assuré M. Camilleri.
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