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VW: jusqu'à 7.000 emplois sacrifiés à la révolution électrique

Constructeurs

La marque phare du groupe allemand Volkswagen, VW, a annoncé mercredi jusqu'à 7.000 suppressions d'emplois, au lendemain de bénéfices en hausses, justifiant ces mesures par le coût de l'électrification des voitures et de la conduite autonome.

Le patron Herbert Diess a présenté mardi un bilan annuel 2018 qui a vu le chiffre d'affaires et le bénéfice du groupe croître malgré les coûts du "dieselgate" et la pagaille semée par les nouvelles normes antipollution WLTP.

Mais il a laissé les annonces plus pénibles à son bras droit Ralf Brandstätter, directeur opérationnel de la marque VW.

Pour faire des économies, d'ici 2023, "nous estimons que 5.000 à 7.000 employés partant à la retraite ne seront pas remplacés", a expliqué M. Brandstätter.

"En raison de l'automatisation de plus en plus de tâches de routine, il y aura besoin de moins de postes dans l'administration" et cette évolution pourra être absorbée par des accords de départ anticipés, a-t-il ajouté.

En parallèle, la marque vise la création de quelques 2.000 postes dans le développement de logiciels et l'électronique.

Il s'agit de "financer les investissements et satisfaire notre objectif stratégique pour l'ère électrique", explique le directeur financier Arno Antlitz.

Au total, Volkswagen emploie près de 665.000 personnes dans le monde, dont près de 50.000 dans les secteurs administratifs concernés.

 

Cure d'austérité

Confronté aux limites strictes d'émissions de CO2 prévues à partir de 2020, le mastodonte allemand, qui commence à relever la tête du scandale du "dieselgate", a annoncé lundi qu'il comptait introduire sur le marché 70 modèles électriques d'ici 2028, vingt de plus que prévu initialement.

D'ici 2023, la marque VW prévoit d'investir 19 milliards d'euros dans les "sujets du futur", notamment l'électrification de ses modèles et la conduite autonome, soit 8 milliards de plus qu'annoncés en novembre.

Au total, le groupe Volkswagen a prévu de mettre 44 milliards d'euros dans la voiture du futur en cinq ans.

Pour financer cette ambition, la marque Volkswagen s'impose depuis plusieurs années une cure d'austérité pour faire remonter sa rentabilité. En 2018, la marge opérationnelle est ressortie sous l'objectif de 4% minimum, à 3,8%, contre 4,2% en 2017.

"Dans notre industrie on a besoin d'une marge entre 5% et 6%, sinon on ne peut pas affronter la transformation", note M. Antlitz.

Une restructuration déjà en cours prévoit un solde de 21.000 suppressions d'emplois dans le monde d'ici 2020 et doit rapporter 3 milliards d'euros d'économies.

Ces mesures permettre d'augmenter le bénéfice opérationnel de la marque de quelque 6 milliards d'euros.

"Il est sage de commencer à économiser quand ça va bien", note Frank Schwope, analyste chez la banque NordLB.

 

"Discussions constructives"

La marque indique avoir eu de premières "discussions constructives" avec les représentants des salariés sur la mise en place du "plan de numérisation" portant sur des investissements dans de nouveaux logiciels qui rendront superflus certains postes.

Dans une réaction transmise à l'AFP, le puissant président du comité d'entreprise s'est dit satisfait que des options de retraites anticipées soient proposées mais ceux-ci "ne peuvent avoir lieu que volontairement" et "si le poste disparait", a ajouté le représentant du personnel, Bernd Osterloh.

"Sinon, les employés ont droit à un autre poste", a-t-il indiqué, rappelant que la garantie de l'emploi jusqu'à 2025 obtenue dans le cadre d'un accord entre direction et syndicats reste en vigueur.

Traditionnellement les dirigeants de la marque et M. Osterloh affichent leur unité pour affronter les sujets sociaux, mais cette paix peut se dissiper rapidement.

La semaine dernière, M. Osterloh est monté au créneau, dénonçant de "graves dérapages" dans la gestion du passage aux normes WLTP, qui a coûté près d'un milliard d'euros en 2018.

ys/dar/mra

© 2019AFP