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Volvo supprime 4.100 postes dans le monde, dont 463 chez Renault Trucks

Constructeurs

Le constructeur français de poids-lourds Renault Trucks va supprimer 463 emplois parmi ses cols blancs afin d'adapter ses effectifs à la crise économique provoquée par l'épidémie de Covid-19, a indiqué mardi la direction de l'entreprise.

Renault Trucks, qui explique qu'il lui faut se préparer à un niveau d'activité inférieur à ses niveaux d'avant-crise "à court et à moyen terme", précise que ces réductions d'effectifs ne toucheront que les seuls techniciens et cadres.

Les pertes d'emplois vont être limitées à environ 360 par la reprise en interne d'activités d'études actuellement sous-traitées par la filiale défense Arquus, indique le syndicat CFE-CGC.

Les modalités de mise en oeuvre de ce plan "ne sont pas encore connues, mais l'entreprise souhaite ouvrir la négociation d'une rupture conventionnelle collective au retour des congés d'été", ajoute la CFE-CGC, qui demande que les départs se fassent sur la base du volontariat.

Selon son président Bruno Blin, Renault Trucks souhaite recourir à des départs volontaires et à des mobilités internes pour ainsi "ne procéder à aucun licenciement contraint".

Ces mesures s'intègrent dans un vaste plan de restructuration annoncé par la maison-mère de Renault Trucks, le groupe suédois AB Volvo, qui souhaite le départ de 4.100 salariés dans le monde.

Renault Trucks compte près de 10.000 salariés, dont 4.500 dans ses activités industrielles, principalement en région Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Calvados.

Selon la CFDT, l'essentiel du fardeau sera supporté par les sites lyonnais, qui vont perdre 438 postes de CDI. L'autre implantation touchée serait Bourg-en-Bresse où 25 postes vont disparaître.

Les bureaux d'études pourraient être particulièrement touchés, puisqu'ils seraient amputés d'un quart de leurs effectifs, "ce qui n'est pas un bon signal pour l'avenir de l'entreprise", commente le syndicat.

"La diminution du nombre de salariés engendre une perte de savoir-faire et une baisse de la capacité de développement tant technique que commercial", regrette de son côté la CFE-CGC qui estime que cette nouvelle restructuration "fragilise" l'entreprise française qui a déjà connu plusieurs plans sociaux d'ampleur ces dernières années.

 

Volvo supprime 4.100 postes dans le monde

 

"L'épidémie de coronavirus et les mesures prises à l'échelle mondiale pour le combattre ont entraîné une situation sur le marché qui a eu de graves répercussions sur notre secteur", a expliqué dans un communiqué Martin Lundstedt, le PDG du groupe basé à Göteborg, dans le sud-ouest de la Suède.

Les 4.100 postes supprimés concernent, selon Volvo, des "cols blancs", dont 15% à des postes de consultants et quelque 1.250 postes en Suède. Le groupe ne précise pas les autres pays affectés.

Toutefois, note le constructeur, "la nécessité de réduire les effectifs aurait été plus importante sans les divers programmes de soutien gouvernementaux permettant le chômage technique et d'autres mesures similaires".

Fin mars, le constructeur employait quelque 99.000 personnes (intérimaires et consultants compris).

Déjà confronté à un fléchissement de son activité avant la crise sanitaire, le nombre d'ouvriers du groupe a diminué de près 5.000 entre mars 2019 et mars 2020 - du fait du ralentissement des cadences de production. Le nombre d'employés de bureau et cadres a lui diminué d'environ 2.300 sur la même période, en raison, précise le groupe, "d'une réduction du nombre de consultants engagés".

Fortement touché par le crise sanitaire qui a suivi ces réductions, Volvo Group avait annoncé en mars suspendre toutes ses activités sur la plupart des sites situés dans 18 pays - après l'arrêt annoncé plus tôt dans le mois de la production en Belgique et en France, chez Renault Trucks (propriété de groupe suédois). L'activité a depuis progressivement repris.

Lors de la publication de ses résultats au premier trimestre, le groupe avait retiré ses prévisions pour 2020 et annoncé un bénéfice divisé par deux et un chiffre d'affaires en recul de 15%.

Le secteur de la construction de poids lourds est très sensible à la conjoncture et donc très exposé aux crises économiques.

hdy/map/pcm

© 2020AFP