Des transformations touchant tous les domaines de gestion et des "synergies" pour réduire les coûts de production vont permettre d'améliorer les bénéfices "d'environ dix milliards d'euros" pour atteindre "une rentabilité sur ventes durable de 6,5%" en 2026, a précisé le groupe dans un communiqué.
Cette marge, hors éléments exceptionnels, a atteint environ 3% entre janvier et mars 2023.
VW, marque historique du deuxième constructeur mondial, a représenté l'an dernier un peu plus de la moitié de ses ventes. Mais sa marge est la plus faible des dix labels du groupe notamment en raison d'une rationalité industrielle jugée insuffisante et parce qu'elle propose des modèles plus populaires que les luxueuses Porsche ou Audi, dont les marges dépassent les 10%.
Atteindre le cap fixé d'ici 3 ans "est très ambitieux, mais réalisable si nous unissons nos forces", a déclaré le PDG de la marque VW, Thomas Schäfer, cité dans le communiqué.
C'est la seule façon de "sécuriser l'emploi, financer (l')avenir (...)" grâce aux ressources propres et de "continuer à investir dans de nouveaux véhicules, des technologies, la modernisation de nos usines et dans la qualification de la main-d'oeuvre", a poursuivi M. Schäfer.
Pour cela l'accent va être mis sur des "synergies" au sein du segment des marques dites "volume" du groupe Volkswagen, qui comprend, outres les voitures et utilitaires VW, les labels Seat, Cupra et Skoda.
Volkswagen veut également se concentrer davantage sur les modèles les plus vendus. Les modèles peu demandés, comme le coupé 4 portes Arteon, ne devraient plus avoir de successeurs, a précisé le constructeur automobile.
Un autre levier est la réduction des variantes: le modèle tout électrique ID.7, par exemple, proposera "99% d'options de configuration en moins" par rapport à une Golf 7 à essence.
Le plan pour doper la rentabilité de la marque VW devra être mis en place d'ici à octobre cette année. Il reçoit déjà le soutien du puissant comité d'entreprise avec lequel la direction doit constamment négocier.
La réorganisation de la marque VW fait partie d'un plan plus global pour rendre le groupe aux dix marques plus performant et dont les contours seront présentés le 21 juin par le PDG Oliver Blume.
Ce dernier, arrivé aux commandes du groupe en septembre dernier, a fait de la transformation de VW l'un de ses chantiers prioritaires, avec la remise à plat de la stratégie logiciels.
Le groupe de Wolfsburg a traversé depuis 2015 une période agitée avec le scandale mondial du "dieselgate".
Il s'est depuis engagé dans le virage de la voiture électrique qui nécessite des dizaines de milliards d'euros d'investissement et place Volkswagen en concurrence avec de nouveaux rivaux, comme le groupe américain Tesla et les constructeurs chinois qui menacent le groupe allemand en Chine, son principal marché.
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