Volkswagen va s'exprimer vendredi sur sa crise de direction

Le géant allemand de l'automobile Volkswagen va s'exprimer dans le courant de la journée de vendredi sur les spéculations qui font rage depuis quelques jours sur sa direction, selon une source proche de l'entreprise. Cette source n'a pas précisé quel serait le contenu de la communication.

Le président du conseil de surveillance du groupe Ferdinand Piëch, patriarche du groupe qui tire les ficelles depuis des années, a exprimé samedi dernier dans un entretien à l'hebdomadaire sa défiance à l'égard du patron, Martin Winterkorn, longtemps considéré comme son fils spirituel.

Une seule phrase a suffi à attiser les spéculations sur l'avenir de M. Winterkorn dont le mandat court encore jusqu'à fin 2016, et qui était vu comme le successeur naturel de M. Piëch, 78 ans ce vendredi, à la tête de l'organe de contrôle.

"Je garde mes distances avec (Martin) Winterkorn", le patron de Volkswagen, avait déclaré dans le magazine Spiegel de samedi M. Piëch. De nationalité autrichienne, M. Piëch est l'un des héritiers de la dynastie Porsche et une grande figure du monde des affaires allemand. La holding Porsche SE détient près de 51% du capital de Volkswagen.

Les représentants des autres actionnaires - l'autre branche de la famille, les Porsche, l'Etat régional de Basse-Saxe (nord) - et du personnel se sont rangés comme un seul homme derrière M. Winterkorn, mais sans réussir à faire taire les rumeurs. Selon la presse une partie du conseil de surveillance s'est réunie jeudi pour évoquer cette crise de confiance et ses conséquences.

Le quotidien Süddeutsche Zeitung parlait vendredi de "jour de vérité". M. Winterkorn, 67 ans, "a perdu" selon un éditorial du journal, et ce même s'il devait rester en poste jusqu'à la fin de son mandat.

La stratégie de Volkswagen, qui chapeaute 12 marques de voitures et camions et réalise 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, connait des ratés, avec des difficultés à percer aux Etats-Unis, une forte dépendance au marché chinois et une attractivité sur le déclin de la marque historique Volkswagen.

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