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Ventes VN Grande-Bretagne : -5,7% en 2017

Constructeurs

Le marché automobile britannique s'est enrayé en 2017, avec la première baisse des ventes de voitures en six ans, victime de la désaffection pour le diesel et de la prudence des consommateurs avant le Brexit.

Les ventes de voitures neuves ont reculé de 5,7%, à 2,54 millions, selon des chiffres publiés vendredi par l'Association britannique des constructeurs et des vendeurs d'automobiles (SMMT), qui ne masque pas son pessimisme pour 2018.

"La baisse du marché est préoccupante mais il est important de rappeler que la demande reste à des niveaux historiquement élevés", tempère Mike Hawes, directeur général de la SMMT.

Le marché britannique, qui avait en effet atteint un sommet en 2016, a été bien moins dynamique en 2017 que celui la France (+4,7%) et l'Allemagne (+2,7%), ces deux pays bénéficiant d'un environnement plus porteur qu'au Royaume-Uni où la croissance économique ralentit.

L'année 2017 a été coupée en deux pour le marché britannique qui a poursuivi sur sa lancée au premier trimestre, avant d'enchaîner neuf mois de repli consécutifs. Le marché a en particulier été pénalisé par un changement apporté à la taxe sur les véhicules depuis le 1er avril, qui a entraîné une augmentation de la fiscalité.

Les ventes ont surtout souffert d'une chute de 17,1% des véhicules diesel, lesquels ont mauvaise presse depuis que plusieurs scandales, affectant notamment Volkswagen, ont éclaté dans le monde.

De surcroît, le gouvernement britannique veut sévèrement limiter les émissions polluantes dans les prochaines décennies, avec la fin des ventes de voitures diesel ou essence envisagée d'ici 2040.

La SMMT martèle néanmoins que compte tenu d'une meilleure efficacité, le diesel émet moins de CO2 que l'essence. Résultat, selon l'association, les émissions des voitures neuves ont augmenté en 2017 de 0,6% dans le pays, pour la première fois depuis 1997.

Les ventes de voitures à essence ont connu pour leur part une modeste hausse de 2,7%, représentant plus de la moitié du total (53,3%), contre une part de marché de 42,0% pour le diesel.

 

Pessimisme pour 2018 

Les véhicules hybrides et électriques ont poursuivi leur essor avec un bond de 34,8% et une part de marché de 4,7%. Selon les professionnels britanniques, le Royaume-Uni est le pays où les volumes vendus pour ce type de voiture sont les plus importants en Europe.

Les consommateurs et les entreprises ont également été poussés à la prudence face aux incertitudes du Brexit, qui peut ralentir les décisions d'achat et d'investissement. Ces inconnues nourrissent également l'inflation à travers la faiblesse de la livre.

La mauvaise tenue du marché a concerné les voitures particulières (-6,8%), comme les flottes d'entreprises (-4,5%).

L'an passé, la Ford Fiesta a été le véhicule le plus acheté au Royaume-Uni, devant la Golf de Volkswagen, la Ford Focus et la Nissan Qashqai. Les constructeurs français ont figuré parmi les mauvais élèves avec une chute des ventes comprise entre 15% et 20% pour Peugeot et Renault.

Les professionnels restent par ailleurs très prudents au moment d'aborder 2018.

"2017 a sans conteste été une année très volatile et la croissance économique morose fait que nous attendons une nouvelle baisse du marché en 2018", souligne Mike Hawes, le directeur général de la SMMT, qui prévoit un recul entre 5% et 7% des ventes.

Le contexte devrait rester le même, avec un essoufflement de la consommation des ménages, sans compter un risque de hausse des taux d'intérêt qui pourrait mettre un coup de frein au crédit, auquel les Britanniques ont abondamment recours.

"Malheureusement si rien ne change, 2018 pourrait être aussi difficile, alors que les finances des ménages vont être un peu plus sous pression et que la confiance des consommateurs souffre à l'approche du Brexit", résume Alex Buttle, responsable du site de comparaison de prix Motorway.

Le secteur automobile britannique reste dans le même temps très soucieux des conséquences du Brexit.

La SMMT a demandé une période transition sans limite de temps afin d'éviter un passage brusque vers les nouvelles conditions commerciales post-Brexit et de possibles droits de douane coûteux entre le Royaume-Uni et l'UE.

jbo/pn/la

© 2018AFP