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Valeo: des garanties sur l'emploi en échange de sacrifices sur les salaires

Equipementiers

La direction de Valeo propose de ne procéder à aucun plan social en France pendant deux ans en échange de contreparties sur les salaires, des dispositions qui doivent encore recevoir le feu vert des syndicats, a appris jeudi l'AFP de sources concordantes.

La dernière réunion sur des négociations entamées à l'été et destinées à réduire de 10% les coûts salariaux de Valeo dans l'Hexagone, soit 100 millions d'euros, a eu lieu mercredi.

Le texte de l'accord, qui portera sur différents axes (épargne salariale, compétitivité et performance collective), doit encore être finalisé. Il sera soumis à signature jusqu'au 29 septembre, ont indiqué la CFE-CGC et la CGT de Valeo à l'AFP, confirmant des informations des Échos.

Dans un message aux salariés daté de mercredi et consulté par l'AFP, la direction de l'équipementier automobile dit s'engager "à ne pas lancer de procédure visant à fermer définitivement un établissement du groupe en France dans les 24 mois suivant la signature" de l'accord.

"Les engagements pris par la direction sont l'absence d'ouverture d'un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) ainsi que l'absence de fermeture d'établissements en France pendant 24 mois", a confirmé Pascal Phan, coordinateur de la CFE-CGC Valeo.

Cela n'empêche pas des départs sous forme de rupture conventionnelle collective (RCC) ou de plan de départs volontaires (PDV), notent les syndicats.

La CGT, 2e syndicat au sein de Valeo, a annoncé qu'elle ne signerait pas. La CFE-CGC, première organisation dans l'entreprise, ne s'est pas encore positionnée.

D'après les syndicats, la hausse du temps de travail des forfaits jours (de 215 à 218 jours) et la baisse de 5% du salaire de base des ingénieurs et cadres, envisagées par la direction, ont finalement été laissées de côté.

Mais l'accord de performance collective (APC), dont les mesures sont "à durée indéterminée", prévoit "la suppression de deux jours de congé pour les cadres dirigeants", ainsi qu'une "flexibilité dans l'organisation du travail" avec la possibilité de changer les horaires des équipes en production, précise Pascal Phan.

"Si un salarié refuse les mesures de l'APC, il peut être licencié", souligne Patrice Caux, de la CGT.

L'accord de compétitivité prévoit deux ans de gel des salaires (avec une clause de retour à bonne fortune en 2022) et deux ans de gel de l'intéressement, mais aussi la suppression de congés spécifiques et une "harmonisation entre les différents sites de certaines primes, sur un minimum", selon Pascal Phan.

"Il s'agit d'un accord de régression sociale très impactant" alors qu'"il y a une reprise d'activité sur les sites", a dénoncé Patrice Caux.

La CGT Valeo appelle lundi prochain à des débrayages sur plusieurs sites comme Angers, Issoire, Châtellerault ou Limoges.

"A défaut d'accord, un plan de réduction des frais de personnel de 100 millions d'euros resterait nécessaire via des mesures unilatérales de l'entreprise (en cash et durables), afin de préserver l'emploi", a averti la direction dans son message aux quelque 14.000 salariés en France.

Face à la chute des ventes provoquée par la crise sanitaire, Valeo a enregistré une perte nette de 1,21 milliard d'euros sur les six premiers mois de l'année.

esp/lum/LyS

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