USA: le syndicat UAW rejettent l'accord avec FCA US

Les adhérents du syndicat du secteur automobile américain UAW ont rejeté le texte de l'accord conclu avec le constructeur FCA US (Fiat Chrysler) qui aurait servi de modèle pour les négociations menées avec l'ensemble du secteur, a-t-on indiqué jeudi de source syndicale.

Au total, 65% des adhérents ont voté contre la proposition de contrat qui aurait pourtant garanti une augmentation de salaire pour 40.000 ouvriers de FCA US.

"Ce que j'aime avec notre organisation est que, quoi que nous fassions, quelles que soient nos initiatives, la décision ultime et le pouvoir appartiennent à nos membres", a affirmé le président de l'UAW, Dennis Williams en prenant acte des résultats du scrutin.

Le syndicat américain de l'automobile UAW avait annoncé le 15 septembre avoir trouvé "un accord de principe" avec le constructeur FCA US après des semaines de négociations sur les conditions de travail des salariés du secteur.

Le syndicat négociait en priorité avec ce constructeur, mais le compromis doit aussi servir de cadre pour des accords avec les deux autres grands acteurs du secteur aux Etats-Unis, General Motors et Ford.

"Nous ne considérons pas cela comme un revers. Nous considérons le vote de nos adhérents comme faisant partie d'un processus que nous respectons", a souligné Dennis Williams, précisant qu'il allait maintenant informer FCA US que "de nouvelles discussions étaient nécessaires".

 

Revers

Le constructeur, né en 2014 du rachat de l'Américain Chrysler par l'Italien Fiat et dirigé par l'Italien Sergio Marchionne, a indiqué qu'il était "déçu" par les résultats du vote, mais "était prêt à poursuivre les discussions avec l'UAW".

Mais le vote de défiance des membres du puissant syndicat représente un revers pour M. Marchionne et son plan de restructuration des activités de Chrysler aux Etats-Unis.

Le "non" l'a ainsi largement emporté, à hauteur de 70%, dans l'usine d'assemblage de Sterling Heights près de Detroit dont les chaînes ont été entièrement rénovées l'an dernier à un coût d'un milliard de dollars pour le constructeur.

Il a aussi été largement majoritaire (80%) dans une usine de fabrication de véhicules Jeep, la marque phare du constructeur aux Etats-Unis, à Toledo (Ohio, Nord) après que M. Marchionne a menacé de transférer la production d'un modèle populaire, la Jeep Cherokee, sur un autre site.

Le rejet de l'accord reflète aussi les demandes des adhérents de l'UAW de voir les ouvriers les plus récemment embauchés bénéficier des mêmes salaires que ceux engagés avant 2007 et la crise du secteur automobile qui avait vu Chrysler obligé de se déclarer en faillite et bénéficier d'un plan de sauvetage fédéral avant son rachat par Fiat.

"Les souvenirs de notre quasi-disparition en 2009 sont encore présents dans les mémoires de la plupart d'entre nous. Un grand nombre de nouveaux employés ont rejoint le groupe depuis lors et n'ont pas, heureusement, fait face aux épreuves et sacrifices qui ont été demandés à la force de travail à ce moment", a rappelé FCA US dans un communiqué jeudi.

Norwood Jewell, le négociateur en chef de l'UAW dans les discussions avec FCA, avait pourtant décrit l'accord comme le meilleur négocié par le syndicat depuis 1999. Il prévoyait des augmentations de salaire horaire, tant pour les ouvriers récemment embauchés que pour ceux bénéficiant d'ancienneté, un meilleur système de partage des bénéfices et des bonus si des objectifs en terme de qualité et de productivité étaient atteints.

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