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Un projet de piste de karting sème la discorde en Guadeloupe

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En Guadeloupe, un projet de piste de supermotard et de karting, sur une zone de mangrove, proche d'espaces protégés au centre de l'île, sème depuis dix ans la discorde entre ses partisans et les défenseurs de l'environnement.

Une enquête publique sur ce projet porté par la Région et validé par l'Etat va débuter courant janvier.

A l'origine du projet, fin 2009, une demande de la ligue guadeloupéenne de moto, dont les 200 adhérents manquent d'équipements. "Nous savions qu'une piste juste pour nous ne serait pas rentable, alors nous lui avons donné une dimension pédagogique de sécurité routière, puisque les routes en Guadeloupe sont très meurtrières", explique Jean-Michel Clairville, président de la ligue.

Le projet est défendu, sous ce prisme, par Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe. Après quelques études menées sur d'éventuelles nuisances, l'emplacement a été défini sur une zone humide, à Baie-Mahault.

Initialement classée parmi les zones "naturelles", cette zone est située à proximité du Parc naturel, ce que déplorent les instances environnementales et associations opposées au projet.

Mais le projet a été validé par les autorités locales et préfectorale, au motif que la physionomie de la piste a été corrigée pour sortir des zones délicates et que les plans locaux d'urbanisme et autres schémas d'aménagement régionaux ont été révisés, excluant le projet des espaces protégés. L'emplacement est aussi celui d'une ancienne décharge, ce qui en ferait un site déjà dégradé.

Le gros point de conflit réside dans la dispense, réitérée de préfet en préfet, d'étude d'impact environnemental "considérant que le projet n'est pas susceptible d'entraîner un impact notable sur l'environnement".

Un avis du Conseil d'Etat impose cependant depuis 2017 une telle étude sur ce type de projet.

D'autant que les avis consultatifs rendus par plusieurs instances (Agence régionale de santé, Parc national, etc.) relèvent au contraire le risque de "fractionnement de la biodiversité" et de menaces sur les "espèces protégées".

En décembre, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a aussi exprimé ses réserves.

La piste fait partie des projets inscrits dans le Plan de convergence signé entre les autorités locales et l'Etat début janvier, dans le cadre de la loi Egalité réelle pour mettre en place des projets structurants en Outre-mer.

© 2019AFP