Tricherie VW: même indemnisation en Europe qu'aux USA?

Les clients européens de Volkswagen concernés par le scandale des moteurs truqués devraient être traités de la même manière que leurs homologues américains, a insisté jeudi la Commission européenne auprès du groupe allemand.

La commissaire européenne en charge de l'industrie, Elzbieta Bienkowska, "a une nouvelle fois invité le groupe à réfléchir aux moyens adéquats pour compenser" le préjudice des consommateurs européens, a indiqué une porte-parole après une rencontre à Bruxelles avec le patron de Volkswagen, Matthias Müller.

"Elle a répété clairement son point de vue selon lequel les consommateurs européens devraient être traités de la même manière que les consommateurs américains", a-t-elle ajouté.

Volkswagen, qui a avoué avoir équipé les moteurs diesel de 11 millions de voitures dans le monde d'un logiciel permettant de fausser les résultats des tests antipollution, s'est engagé à verser une compensation financière aux automobilistes américains affectés par la tricherie.

Mais aucune mesure de ce type n'est prévue en Europe. Plus de 60.000 propriétaires européens de véhicules équipés de moteurs diesel truqués par le constructeur allemand ont l'intention de lancer une plainte en nom collectif contre le géant de l'automobile, a récemment rapporté la presse allemande.

La brève rencontre de jeudi entre M. Müller et Mme Bienkowska a également été l'occasion pour la commissaire européenne de demander que soit "pleinement évaluées" les conséquences environnementales et sanitaires des révélations sur le trucage des moteurs.

M. Müller "s'est engagé à partager sans retard toutes les informations techniques dont la Commission a besoin pour s'assurer que les mesures correctrices envisagées sont efficaces", a indiqué la porte-parole.

Le Parlement européen, réuni cette semaine en plénière à Strasbourg, a validé la nomination des membres de la commission d'enquête sur le scandale des fraudes aux tests anti-pollution dans le secteur automobile.

La réunion d'ouverture pour ses 45 membres, répartis en fonction du poids politique de chaque groupe au Parlement, se tiendra le 1er février à Strasbourg.

Cette commission d'enquête doit notamment évaluer si Bruxelles et les Etats membres de l'UE avaient connaissance des mécanismes de fraude avant qu'ils ne soient dénoncés par l'Agence américaine pour la protection de l'environnement, en septembre 2015.

© 2016AFP