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Tricherie VW: les constructeurs craignent l'amalgame

Constructeurs

Alors que le scandale Volkswagen s'étendait, des constructeurs automobiles européens ont tenté d'éviter l'amalgame mardi en se disant favorables à une enquête sur les contrôles antipollution au niveau européen, à un moment délicat pour la motorisation diesel.

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Les procédures d'homologation des véhicules ne sont pas les mêmes en Europe et aux Etats-Unis, d'où l'affaire est partie, mais des fabricants d'automobiles ont aussi souhaité que l'Europe se dote le plus vite possible de tests modernisés.

Mardi matin, le ministre français des Finances, Michel Sapin, avait estimé qu'une enquête était nécessaire "au niveau européen" après les révélations sur les contrôles antipollution volontairement falsifiés par Volkswagen.

Si la Commission européenne a jugé prématuré "des mesures de surveillance immédiates spécifiques", les constructeurs français ont repris au vol le souhait du ministre.

L'ouverture d'une enquête "permettra de confirmer que les constructeurs français respectent les procédures d'homologation en vigueur dans tous les pays où ils opèrent", a assuré le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

La ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal, a annoncé mardi après-midi le lancement d'une enquête "approfondie", sans donner plus de détail à ce stade, et demandé aux constructeurs français de "s'assurer que de tels agissements n'ont pas eu cours en France".

L'équivalent du CCFA au Royaume-Uni, le SMMT, a assuré qu'il "n'y a aucune preuve que les constructeurs trichent" mais reconnu que "la procédure de test est dépassée" et dit vouloir une nouvelle méthode "plus représentative des conditions de circulation sur la route".

De telles mesures sont en cours d'adoption et le CCFA a expliqué que ses membres soutenaient "la mise en place de tests européens (...) qui permettront de valider, sur route, dès 2017, les mesures effectuées en laboratoire".

Même voeu chez PSA Peugeot Citroën, où un porte-parole a expliqué à l'AFP que le groupe automobile français "respecte les procédures d'homologation en vigueur dans tous les pays où il opère".

"L'ingénierie Renault respecte la réglementation, elle rappelle que ses véhicules ne sont pas équipés de dispositifs de manipulation permettant de contourner la réglementation sur les émissions", a pour sa part martelé un porte-parole de la marque au Losange, ajoutant que "Renault soutient la mise en place de tests européens d'homologation représentatifs des conditions réelles".

 

"Tremblement de terre" pour le secteur

Deux équipementiers automobiles français de premier plan, Plastic Omnium et Faurecia, ont eux aussi communiqué pour se distancier de l'affaire Volkswagen.

Les produits développés par Faurecia n'intègrent aucun logiciel (...) l'intégration et la gestion de la performance des systèmes de contrôle des émissions relèvent entièrement de la responsabilité des constructeurs", a ainsi insisté Faurecia, tandis que Plastic Omnium a précisé "n'équiper en systèmes de dépollution aucun des véhicules du Groupe Volkswagen concernés".

En attendant les résultats des enquêtes, l'affaire Volkswagen qui concerne 11 millions de véhicules constitue "un véritable tremblement de terre" pour le secteur tout entier, juge Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile.

Ce scandale "jette la suspicion sur l'ensemble des constructeurs (...) les enquêtes qui vont avoir lieu sont très importantes pour voir si c'est un phénomène qui ne concerne qu'un constructeur ou pas", déclare-t-il à l'AFP.

Le fait que la fraude concerne des moteurs diesel risque en outre d'écorner davantage l'image de ces groupes motopropulseurs.

Mardi, le vice-président écologiste de l'Assemblée nationale française, Denis Baupin, a affirmé que "ce scandale est une occasion unique pour ouvrir enfin les yeux sur les mensonges des constructeurs diesel et y mettre fin".

Or les constructeurs automobiles européens, fédérés par l'organisme ACEA, sont en pleine campagne de promotion du diesel comme moyen d'atteindre les objectifs de CO2 à l'horizon 2020. En faisant valoir que le gazole recèle davantage d'énergie que l'essence et produit moins de CO2 à distance égale parcourue.

Les normes antipollution Euro6, pleinement entrées en vigueur début septembre, contraignent les véhicules diesel à réduire leurs émissions de NOx (oxydes d'azote), les gaz sur lesquels Volkswagen a triché.

Pour M. Neuvy, le scandale en cours ne doit pas occulter les "progrès incroyables" effectués depuis 20 ans par les constructeurs automobiles pour réduire les émissions des moteurs diesel. "Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain", insiste-t-il.

bur-tq/fpo/pb

© 2015AFP