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Tesla : production, livraisons et rentabilité atteintes

Constructeurs

Tesla a fini l'année 2019 --qui a vu son patron poursuivi pour ses tweets intempestifs et le titre temporairement s'effondrer en Bourse-- sur une note positive: la production et la livraison de ses fameuses voitures électriques ont dépassé les attentes.

Elon Musk a aussi réussi a faire sortir de terre sa première usine hors des Etats-Unis --à Shanghai en Chine-- y produire et livrer ses premières voitures. Le tout en moins de 12 mois.

Au dernier trimestre de 2019, Tesla a livré au total 112.000 véhicules. Sur l'ensemble de l'année, les livraisons ont bondi de plus de 50% par rapport à 2018 pour atteindre 367.500 voitures apportées aux clients.

"Nous continuons de nous concentrer sur l'expansion de notre production aux Etats-Unis ainsi que dans notre nouvelle unité de production à Shanghai", écrit l'entreprise vendredi, qui précise qu'elle y a déjà "produit 1.000 véhicules vendables et commencé les livraisons". Tesla affirme aussi --pour tenter de lever les doutes émis par certains analystes-- avoir démontré la capacité de la nouvelle usine "à produire plus de 3.000 unités par semaine".

 

Tesla bien traité en Chine

Le constructeur automobile Tesla a livré le 30 décembre dernier sa première fournée de véhicules fabriqués sur le sol chinois, moins d'un an après l'inauguration de l'usine de Shanghaï.

Les premières voitures à être sorties de la chaîne de montage ont été remises à des employés ayant passé commande précédemment. Il s'agissait de quinze Model 3, le véhicule d'entrée de gamme du groupe.

Tesla prévoit de livrer de manière plus massive ces berlines dès le mois prochain dans le pays, a affirmé le directeur général de l'entreprise pour la Chine, Wang Hao.

Elle y fabrique pour l'instant plus de 1.000 voitures par semaine mais espère en produire le double l'an prochain, selon les affirmations du directeur industriel Song Gang à Bloomberg News. D'après le patron de Tesla Elon Musk, 3.000 voitures pourraient sortir chaque semaine des chaînes de montage à terme.

L'usine géante de Shanghaï a vu le jour en janvier 2019 et devait permettre à l'origine à l'entreprise américaine de contourner les effets de la féroce guerre commerciale entre Washington et Pékin. Le but était également de se développer dans le marché de véhicules électriques le plus large au monde.

Alors que la Chine impose traditionnellement aux groupes étrangers présents sur son sol de nouer une alliance avec une entreprise locale, Tesla détient la totalité de l'usine de Shanghaï et bénéficie même d'un traitement de faveur de la part des autorités.

Pékin a notamment annoncé la semaine dernière l'exonération d'une taxe de 10% pour les acheteurs d'un Model 3 fabriqué sur son sol, dont le prix est de 355.800 yuan, soit 50.900 dollars. Les autorités ont accordé un peu plus tôt en décembre une subvention jusqu'à 25.000 yuans à l'achat d'un véhicule de la marque américaine produit sur place.

 

Perspectives en Europe

Les ambitions à l'étranger ne s'arrêtent pas à la Chine et Elon Musk compte s'attaquer de façon plus décisive au marché européen. Il a annoncé mi-novembre qu'il allait construire une usine géante en banlieue de Berlin, qui fabriquera des batteries, la motorisation et les véhicules, dont le Model Y, qui doit voir le jour en 2020.

L'usine de Berlin --où la production devrait débuter au plus tôt en 2021 -- comprendra aussi un centre d'ingénierie et de design.

Tesla représente 30% du marché européen de voitures électriques à batteries, d'après Matthias Schmidt, un analyste spécialiste de l'industrie automobile.

Et puis fin novembre, Elon Musk a dévoilé le "cybertruck", un pick-up aux lignes anguleuses et 100% électrique, au cours d'un show futuriste kitsch dont il a le secret.

Le véhicule, qui ne ressemble en rien aux traditionnel véhicules qui incarnent l'Amérique rurale et éternelle, sera décliné en trois modèles, à 39.900 dollars avec 400 kilomètres d'autonomie pour l'entrée de gamme, et jusqu'à 69.900 dollars avec 800 kilomètres d'autonomie annoncée pour le modèle supérieur.

Tesla n'a pas pu s'empêcher de provoquer la polémique en voulant démontrer sur route que le "cybertruck" dépasse les performances du Ford F-150, numéro un aux Etats-Unis sur ce segment depuis longtemps. Mais l'expérience --et la vidéo virale-- était biaisée aux yeux de nombreux spécialistes. Et Ford a obtenu un "match retour".

 

Rentable

Après deux trimestres dans le rouge, Tesla est revenu à la rentabilité au troisième trimestre. Vendredi, le titre progressait encore d'un peu plus de 4% à plus de 447 dollars et Tesla affichait une capitalisation boursière de 81 milliards de dollars. L'action a grimpé de presque 46% en un an.

On est loin de la tourmente de l'été quand elle évoluait nettement en-dessous de 200 dollars en raison d'inquiétudes sur le fait que le constructeur pourrait se retrouver à court de liquidités.

Le fantasque fondateur du constructeur automobile mais aussi de SpaceX, avec laquelle il veut coloniser Mars, avait plus tôt dans l'année soldé son différend avec le gendarme américain de la Bourse (SEC), lassé de ses tweets intempestifs.

Accusé une première fois d'avoir induit les investisseurs en erreur et soupçonné d'avoir voulu gonfler le prix de l'action pour faire mordre la poussière aux investisseurs qui pariaient sur sa chute, M. Musk avait péché une nouvelle fois aux yeux de la SEC en affichant des objectifs de production chiffrés qu'il n'a pas su étayer.

Le gendarme et le milliardaire ont finalement trouvé un accord à l'amiable en avril et M. Musk est désormais censé faire valider ses tweets.

vog/jum/lth

© 2020AFP