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Tesla accusé d'avoir licencié des salariés pro-syndicats

Constructeurs

L'UAW, le puissant syndicat de l'automobile américain, a annoncé jeudi avoir saisi les autorités pour dénoncer le limogeage "injuste" d'ouvriers militant pour la création d'une section syndicale au sein de l'usine californienne du constructeur automobile.

Tesla, célèbre pour ses voitures électriques, a licencié environ 400 salariés en début du mois après une perturbation de la production du "Model 3", une voiture importante pour sa montée en puissance, avait indiqué mi-octobre à l'AFP une source proche du dossier.

Interrogé par l'AFP, le constructeur avait expliqué que cette décision avait été prise après les entretiens individuels d'évaluation de la performance.

Mais pour l'UAW, Tesla a profité de cette vague de départs pour se débarrasser des ouvriers ayant montré leurs sympathies pour la création d'une section syndicale dans l'usine.

"Plusieurs salariés qui étaient en faveur de la création d'un syndicat nous ont montré les copies de leur entretien. On n'y voit aucune raison de remettre en cause leur performance", fustige le syndicat.

Tesla rejette ces accusations et explique que les licenciements étaient basés pour la plupart sur la performance de chacun des employés.

"Chez Tesla nous faisons tout pour être une entreprise juste et équitable (...) Les entretiens professionnels débouchent sur des promotions et souvent sur des départs", a déclaré un porte-parole. "Personne chez Tesla n'a pris ou ne prend de mesure contre des gens pour leurs sympathies syndicales".

 

"Ciblé"

Le constructeur explique que près de 20.000 plaintes identiques à celle de l'UAW ont été déposées auprès des autorités par les syndicats, dans l'espoir de forcer la main des directions.

L'UAW a saisi le National Labor Relations Board (NLRB) de la ville d'Oakland, près de San Francisco en Californie.

Cette agence est censée s'assurer que le droit du travail est bien appliqué. En août, l'instance fédérale avait déjà estimé que les plaintes de salariés dénonçant les conditions de travail chez Tesla étaient fondées.

"J'ai travaillé pour cette entreprise pendant cinq ans, souvent 72 heures par semaine et jamais je n'ai eu de problème lié à ma performance", raconte Mike Williams, un des salariés licenciés.

Il explique avoir arboré un "t-shirt" affichant ses sympathies syndicales et mis des auto-collants sur sa bouteille d'eau: "Je déteste penser que j'ai été ciblé en raison de ça", avance-t-il.

Richard Ortiz, qui était aux avant-postes pour forcer Tesla à accepter une section syndicale, attribue également son licenciement à son militantisme.

"J'ai été viré pour avoir essayé d'améliorer la vie de mes collègues", affirme-t-il. En début d'année, M. Ortiz avait déjà déposé plainte contre Tesla pour dénoncer des accords de confidentialité que le constructeur aurait fait signer à ses employés.

Le site de Tesla à Fremont est la seule usine automobile aux Etats-Unis opérant pour un constructeur américain où les ouvriers ne sont pas organisés en syndicat, malgré une tentative récente d'y ouvrir une section.

str-lo/jld/pb

© 2017AFP