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Taxer plus les profits serait "contre-productif", pour C. Tavares (Stellantis)

Constructeurs

Imposer des taxes exceptionnelles sur les profits serait "contre-productif", a estimé le PDG de Stellantis Carlos Tavares jeudi, après avoir annoncé des bénéfices record pour son groupe au premier semestre.

"Tout ce qui peut décourager la création de valeur dans le pays, par des à-coups, ou des décisions considérées comme injustes par rapport aux efforts de nos salariés (...) serait contre-productif", a déclaré Carlos Tavares dans un entretien avec des journalistes.

Des parlementaires français, à gauche mais aussi dans la majorité, avaient proposé courant juillet de créer une taxe pour les entreprises ayant réalisé d'importants bénéfices grâce à l'inflation.

Stellantis, né de la fusion de PSA et de Fiat-Chrysler, a enregistré au premier semestre un bénéfice net de 8 milliards d'euros, en continuant à augmenter ses prix sur un marché au ralenti.

"Nous contribuons à la richesse créée en France", a souligné M. Tavares, mettant en avant les impôts que paie l'entreprise et sa contribution à la balance commerciale du pays, et l'évolution des versements aux salariés comme aux actionnaires.

Quant à son salaire de 19 millions d'euros pour 2021, qu'Emmanuel Macron lui-même avait jugé "choquant", M. Tavares a mis en avant qu'il était "variable à 90%".

"Quand mon salaire est considéré comme trop important, c'est que l'entreprise va très bien, et je préfère supporter les critiques", a dit le dirigeant portugais. "Il y a toujours en France ce problème avec l'argent, ça ne sert pas les intérêts du citoyen français, mais je comprends que ça existe".

Malgré des ventes paralysées par la pénurie de puces électroniques, le groupe automobile a affiché d'excellents résultats au premier semestre, en augmentant ses prix et en vendant des véhicules plus haut de gamme.

"Nous avons pour l'instant un carnet de commandes extrêmement copieux, trois fois supérieur à un carnet de commandes pre-Covid. L'acceptation des prix est très bonne", a assuré M. Tavares.

Alors que l'approvisionnement en puces électroniques devrait se "normaliser au courant de l'année 2023", le groupe a désormais parmi ses priorités de "résorber" les coûts de l'inflation.

"Quelle que soit la nature de la crise qui va se présenter devant nous, ce qui importe c'est qu'on soit capable d'encaisser la vague. (...) Nous pourrions encaisser une réduction de notre chiffre d'affaires de 60% et on serait encore rentable", a-t-il souligné.

En Chine, le groupe va fermer sa coentreprise qui produisait des Jeep suite à une "rupture de confiance" avec son partenaire local GAC. Stellantis est confrontée à une "forme de politisation du modèle d'affaires chinois, qui est allé crescendo depuis 4-5 ans", a souligné M. Tavares.

"Il va y avoir des tensions croissantes entre la Chine et le monde occidental", avec "des sanctions croisées", a prévenu M. Tavares. "Volkswagen et GM sont très présents là-bas et je ne voudrais pas être à leur place. Je préfère me mettre à l'abri, dans la mesure où Stellantis est une entreprise éminemment occidentale".

tsz/uh

© 2022AFP