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Tanger Med, 1er port de Mediterranée grâce à l'auto

Constructeurs, Services

Plus grand port d'Afrique en volume de conteneurs, le complexe portuaire Tanger Med a officiellement ouvert vendredi deux nouveaux terminaux, faisant de lui "le premier port de Méditerranée", selon ses promoteurs, grâce notamment à la construction automobile.

L'extension baptisée Tanger Med 2, édifiée sur la côte méditerranéenne à quelques encablures du détroit de Gibraltar et des côtes espagnoles, a été inaugurée vendredi par le jeune prince Moulay El Hassan, qui a représenté son père Mohammed VI entouré par une cohorte de ministres, de responsables politiques et de grands patrons.

Sa capacité est désormais portée de 3,47 à 9 millions de conteneurs EVP (Equivalent Vingt Pied, l'unité en vigueur), faisant de lui "le premier port de Méditerranée en capacité" et "un motif de fierté", s'est félicité Fouad Brini, président de l'Agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA), en charge du développement du site.

"Le Maroc est aujourd'hui une grande nation maritime (...), nous serons bientôt dans le top 20 mondial", s'est réjoui le directeur de Tanger Med Rachid Houari, interrogé par l'AFP.

Les nouveaux terminaux représentent neuf ans de travaux titanesques et un investissement public de 1,3 milliard d'euros, auquel s'ajoute près d'1,3 milliard de dirhams injecté par des opérateurs privés, dont le concessionnaire néerlandais APM terminals pour son terminal flambant neuf, selon M. Houari.

 

Emplois

Opérationnel depuis 2007, le mégaport dessert 186 ports dans 77 pays avec 52,2 millions de tonnes manutentionnées en 2018. Son trafic pourra atteindre 120 millions de tonnes manutentionnées annuellement.

L'Afrique est son premier marché avec une part de 38%, suivi par l'Europe (27%), l'Asie (26%) et l'Amérique (9%).

Le parc industriel adossé au complexe portuaire, en zone franche, compte 900 entreprises -surtout automobile, mais aussi textile, électronique, aéronautique, logistique, agroalimentaire- et 70.000 employés pour un chiffre d'affaires de 5,5 milliards d'euros en 2017..

De nouveaux emplois seront "graduellement crées" sur Tanger Med 2, en plus des 6.000 emplois existants, ainsi que sur le parc industriel, selon les promoteurs du projet. "Notre vocation c'est de créer une compétitivité portuaire qui permet à l'industrie de créer des emplois", selon M. Houari.

Le groupe automobile Renault-Nissan, qui s'est doté en 2012 d'une immense usine en périphérie de Tanger, a exporté en 2017 plus de 300.000 voitures via le port. Il est l'un des principaux clients du port, aux côtés d'autres opérateurs dans l'agroalimentaire, le textile ou l'aéronautique.

Deuxième constructeur automobile à poser pied au Maroc avec une usine récemment inaugurée à Kenitra, dans une autre zone franche située à 200 km au sud, PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) exportera lui aussi via Tanger Med. Les véhicules seront transportés par voie ferroviaire jusqu'aux docks/aux porte-conteneurs.

 

Essor économique

Jour et nuit, des rondes de camions relient les quais du complexe portuaire, les entrepôts de stockage et les entreprises de la zone industrielle: l'an dernier, près de 327.000 poids-lourds ont transité par Tanger Med, via la bretelle d'autoroute qui contourne la ville située à une cinquantaine de kilomètres.

Le deux premiers terminaux du complexe étaient arrivés à saturation en 2014, avec un excédent de "plus de 15,7 % par rapport à la capacité nominale du port", selon la direction du port.

Pour convaincre des atouts de Tanger Med, le Maroc met en avant la proximité des marchés européens, les coûts compétitifs de sa main d'oeuvre et les avantages fiscaux et douaniers liés aux zones franches.

Le projet a contribué à l'essor de Tanger, devenue le deuxième pôle économique du pays après Casablanca.

Tanger Med dispose en outre d'un terminal passager qui a accueilli en 2018 presque 3 millions de voyageurs, principalement des Marocains vivant de l'autre côté de la Méditerranée.

L'affluence suscite parfois d'interminables bouchons en période estivale avec de longues heures d'attente pour embarquer dans les ferries, et des critiques récurrentes sur la "mauvaise organisation".

hme-sof/fc

© 2019AFP