Au cours de la période d'avril 2015 à mars 2016, le constructeur de petites voitures et deux-roues a dégagé un bénéfice net de 116,7 milliards de yens (877 millions d'euros au taux de change retenu par le groupe).
Ce résultat a été dopé par la cession à la holding Porsche SE de plus de 4 millions d'actions de la compagnie allemande Volkswagen, que Suzuki avait acquises il y a quelques années dans le cadre d'un partenariat technologique qui a tourné court.
En termes de performances proprement dites, le groupe a pu s'appuyer sur son activité en Inde où il détient une position dominante grâce à la part de 56% détenue dans le premier constructeur national, Maruti Suzuki.
L'amélioration de la rentabilité dans ce pays lui a permis d'accroître son bénéfice d'exploitation total de près de 9%, à 195,3 milliards de yens, et les bonnes ventes qui y ont été enregistrées ont compensé le déclin observé au Japon.
Au final, le chiffre d'affaires du constructeur a gagné 5,5% à 3.180,7 milliards de yens (23,9 milliards d'euros).
Dans l'archipel, les automobilistes ont boudé les mini-voitures en raison d'une moindre attractivité fiscale, à la suite de l'augmentation de la taxe annuelle sur ces petits modèles. Suzuki a aussi vu les livraisons de véhicules produits pour d'autres constructeurs (OEM) fléchir dans une troisième économie mondiale sans vigueur.
A l'étranger en revanche, il s'est félicité d'une hausse des ventes en Europe grâce au succès de son crossover urbain Vitara. En Asie, outre l'Inde, son activité au Pakistan s'est bien portée.
En volume, Suzuki a écoulé dans le monde quasiment autant de voitures qu'un an plus tôt, à 2,86 millions d'unités.
La division des deux-roues, qui représente moins de 10% des recettes, a en revanche connu une année peu favorable (ventes en baisse de 6,6% et perte d'exploitation accrue) malgré l'apport de sa nouvelle moto GSX-S1000, en raison de mauvais résultats en Indonésie.
Enfin, les produits nautiques ont vu leur chiffre d'affaires progresser de 8,3%, tiré par les moteurs de hors-bord aux Etats-Unis.
Pour l'exercice en cours, débuté en avril, Suzuki espère poursuivre sur sa lancée en Europe et en Inde, mais le groupe "prévoit un recul du chiffre d'affaires et des bénéfices du fait de l'appréciation du yen".
Suzuki table sur des ventes de 3.100 milliards de yens (-2,5%, à 25,8 milliards d'euros au cours anticipé par le groupe), un bénéfice d'exploitation de 180 milliards de yens (-7,8%) et un bénéfice net de 93 milliards (-20,3%).
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