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Sécurité routière : LE RETOUR DE LOI DE LA JUNGLE

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3.384 morts et 35.000 blessés graves : Maitre Jehanne COLLARD s'insurge contre des chiffres 2014 terrifiants. Elle dénonce le manque de courage politique et appelle à une remobilisation nationale en faveur de la sécurité routière.

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) vient de publier le bilan définitif de l’année 2014. Au-delà de l’augmentation du nombre de victimes (3384 morts et 35.000 blessés graves) les chiffres mettent en lumière une spectaculaire dérive des comportements sur la route. Les vitesses moyennes sont augmentation sur les autoroutes, des deux fois deux voies, les nationales et les départementales. Les délits de fuite sont en hausse de 23 %. La conduite en état d’alcoolémie augmente de 13 % et celle sous l’emprise de stupéfiants bat des records avec 44 % de progression.

« Ces chiffres sont terrifiants », réagit maître Jehanne COLLARD. « On se focalise trop sur les morts et pas assez sur ces exclus de la vie que sont les blessés graves. Je sais leur misère pour les côtoyer chaque jour. Or, pour la première fois, on a une estimation précise de leur nombre : 35.000 personnes par an perdent définitivement l’usage d’au moins un membre ou d’une partie de leurs facultés intellectuelles et psychique. C’est énorme. Comment un pays peut-il supporter de voir chaque année s’accroître la cohorte de ces citoyens exclus, par leur handicap, du travail, d’une partie de la vie sociale, ayant le plus grand mal à fonder une famille ou à la sauver ? Peut-on tolérer ce cauchemar pour quelques minutes de gagné sur un trajet ou quelques moments de défonce ? » .

« Car l’autre enseignement de ce bilan 2014, c’est le retour de la loi de la jungle sur la route, de l’égoïsme forcené au volant.  On boit de plus en plus, on se shoote davantage, on roule de plus en plus vite. Tant pis pour la petite familiale, le cycliste ou le piéton qui arrivent en face. Cette transgression générale, c’est le fruit du relâchement des pouvoirs publics. On se contente d’annoncer des mesures ou des expérimentations. Les contrôles ne suivent pas. Et les automobilistes savent qu’ils peuvent tout se permettre sans grand risque d’être sanctionné.

« C’est d’abord ce cercle vicieux qu’une véritable politique de sécurité routière doit briser. En augmentant les contrôles, en appliquant les sanctions sans sursis. Ce n’est pas une politique populaire. Elle ne fait pas gagner des électeurs. Mais c’est la seule façon d’arrêter ce cauchemar. »