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Sécurité routière : 50 ans de mesures

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Des premières limitations au passage à 80 km/h sur les routes secondaires, dont l'assouplissement est débattu lundi à l'Assemblée, les mesures de sécurité routière prises depuis 50 ans ont permis de diviser par cinq le nombre annuel de morts.

1973: premières limitations

En juillet 1970 est adoptée la première loi rendant obligatoire le contrôle d'alcoolémie après une infraction ou un accident de la route. Le seuil légal est fixé à 0,8 g/l de sang pour la contravention, 1,2 g/l pour le délit.

En juin 1973, alors que près de 16.000 automobilistes se tuent en moyenne chaque année, le gouvernement de Pierre Messmer impose des limitations de vitesse: 110 km/h sur les routes "à grande circulation", 100 km/h sur les autres.

Le port de la ceinture de sécurité devient obligatoire hors agglomération, celui du casque sur un cyclomoteur dans et en dehors des agglomérations.

En novembre 1974, le nombre de morts passe sous le seuil des 14.000. Les limitations de vitesse sont généralisées: 90 km/h sur les routes, 110 km/h sur les voies express, 130 km/h sur les autoroutes.

En juillet 1978, une loi sur la prévention de l'alcoolémie autorise les contrôles préventifs dans le cadre de contrôles ordonnés par les procureurs. En octobre 1979, le port de la ceinture devient obligatoire en ville.

 

Alcoolémie et permis à points

En décembre 1983, le seuil d'alcoolémie constituant un délit est abaissé à 0,8 g/l. A partir d'octobre 1990, des contrôles d'alcoolémie peuvent être faits à l'initiative des forces de l'ordre.

En décembre, la vitesse autorisée en ville est limitée à 50 km/h et la ceinture devient obligatoire à l'arrière des véhicules.

Le permis à points est instauré en juillet 1992.

En septembre 1995, le taux maximum d'alcool autorisé dans le sang est abaissé à 0,5 g/l.

En juillet 2002, quelque 8.000 personnes se tuent encore chaque année sur les routes. L'année suivante, en novembre, installation des premiers radars automatiques.

 

Routes secondaires: 80 km/h maxi

Fin 2010, le nombre de tués passe pour la première fois sous les 4.000. L'Assemblée nationale vote un assouplissement du permis à points, qui exclut toutefois les infractions les plus graves.

En 2011, après une nouvelle hausse du nombre de morts, un Comité interministériel convoqué en urgence annonce plusieurs mesures: les excès de vitesse supérieur de 50 km/h à la vitesse autorisée deviennent un délit dès la première infraction, les panneaux indiquant la présence de radars fixes sont supprimés, les avertisseurs de radar interdits.

Après un plus-bas historique en 2013 (3.427 morts), la mortalité routière repart à la hausse entre 2014 et 2016.

En 2015, le taux légal d'alcoolémie a été abaissé de 0,5 gramme par litre de sang à 0,2 g/l pour les conducteurs novices (permis depuis moins de 3 ans ou deux ans en cas de conduite accompagnée).

En 2017, la tendance repart à la baisse: on comptabilise 3.684 morts sur la route.

Le 17 juin 2018, parution au Journal officiel d'un décret limitant à compter du 1er juillet à 80 km/h la vitesse autorisée sur 400.000 kilomètres de routes secondaires. La mesure, critiquée, permettra de sauver 300 à 400 vies par an, selon Matignon.

L'année 2018 se clôt sur un plus-bas historique, avec 3.259 morts sur les routes.

 

Vers un "assouplissement" des 80 km/h

Le 16 mai 2019, Édouard Philippe ouvre la voie à un assouplissement par l'Assemblée nationale de la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires, mesure dont il a été l'initiateur et considérée comme l'un des détonateurs de la crise des "gilets jaunes".

Les députés votent en commission un amendement permettant aux exécutifs départementaux de déroger aux 80 km/h sur les routes secondaires qu'ils gèrent. Le projet de loi qui le contient doit être débattu à l'Assemblée à partir de lundi.

Le département de Haute-Marne est le premier à annoncer son intention de retourner dès que possible aux 90 km/h sur 12% des routes du département.

© 2019AFP