Russie: la chute des ventes VN a ralenti en août (-19,4%)

Les ventes automobiles en Russie ont chuté moins lourdement en août que les mois précédents, selon des chiffres publiés mardi par les constructeurs qui craignent une nouvelle période de volatilité en raison de la dépréciation récente du rouble.

Les concessionnaires ont écoulé le mois dernier 138.670 véhicules neufs légers et utilitaires, soit 19,4% de moins qu'un an plus tôt contre une baisse de 27,5% en juillet, a précisé dans un communiqué l'Association of European Businesses (AEB).

Au total sur les huit premiers mois de l'année, le marché russe accuse un plongeon de 33,5%.

La modération actuelle de la déroute des ventes automobiles "suggère que le marché se rapproche d'un certain équilibre à de nouveaux niveaux, plus bas qu'avant", a commenté le président du comité automobile de l'AEB, Joerg Schreiber, cité dans le communiqué.

"Cela ne devrait pas se produire rapidement cependant: les fluctuations de la monnaie continuent d'avoir des répercussions considérables sur le comportement quotidien des consommateurs et la demande pour les biens coûteux comme les voitures", a-t-il poursuivi.

"La récente chute du rouble garantit une hausse des ventes dans l'immédiat, suivie d'une rechute", a-t-il prévenu.

L'affaiblissement rapide du rouble a tendance à pousser les Russes à anticiper leurs achats de véhicules avant que les prix n'augmentent, car les automobiles ou du moins une partie des pièces détachées sont le plus souvent importées.

De fait plusieurs constructeurs ont procédé à des hausses de prix fin août et début septembre, ou se préparent à le faire.

Le marché automobile russe était devenu en 2012 le deuxième en Europe après l'Allemagne et les constructeurs multinationaux, qui y ont investi des sommes considérables, estiment qu'il devrait prendre la première place à long terme.

Mais les ventes de voitures ont été particulièrement frappées par la crise économique actuelle, qui se traduit par une flambée des prix et une baisse du pouvoir d'achat des ménages. Selon des chiffres compilés récemment par le journal Vedomosti, la Russie est ainsi passée au premier semestre à la cinquième place européenne sur le marché automobile, derrière le Royaume-Uni, la France et l'Italie.

Le numéro un du marché, Lada, marque contrôlée par l'alliance Renault-Nissan, a vu ses ventes chuter de 24% en août sur un an, Renault de 20%, Nissan de 38%.

Parmi les autres marques en tête du marché, les ventes de Kia ont augmenté de 3%, celles de Hyundai ont baissé de 6%, celles de Toyota ont plongé de 30%.

Plus bas dans le classement, Peugeot et Citroën, qui ont appliqué des périodes de chômage technique à leur usine locale, restent en difficultés avec des baisses respectives de 48% et 53%.

Face à la débâcle du marché, le gouvernement a débloqué des fonds pour lancer un programme de prime à la casse et des subventions aux crédits automobiles.

Le groupe américain General Motors a décidé de son côté de retirer du pays ses marques Opel et Chevrolet à l'exception de quelques modèles haut de gamme, et de fermer son usine de Saint-Pétersbourg (nord-ouest). Selon le journal RBK, les marques concernées devraient avoir disparu du marché dès octobre et non à la fin de l'année comme prévu.

Le constructeur allemand Volkswagen, à l'inverse, s'est engagé à continuer d'investir en Russie et il a inauguré vendredi une usine de moteurs à Kalouga, au sud de Moscou. Ses ventes ont néanmoins reculé de 23% en août sur un an.

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